Vendredi dernier, le dépassait la barre des 40.000 victimes du et se voyait attribuer, dans la foulée, le titre peu honorifique de « nouvel épicentre de la pandémie » par bon nombre d’observateurs. Toutefois, dans la mesure où estimer si la gestion de la crise fut bonne ou mauvaise relève davantage du politique que du scientifique, il est légitime de se demander si cette récompense est méritée.

En effet, depuis maintenant un an et demi, critiquer le modèle brésilien semble être devenu la norme, et pour cause : la population a osé élire un politicien nationaliste-conservateur en la personne de Jair Bolsonaro. Depuis, celui-ci se voit régulièrement attribué l’ensemble des maux qui touchent la nation sud-américaine et, bien entendu, les effets de la pandémie actuelle ne font pas exception.

Accusé de minimiser l’étendue de la crise, ou encore de ne pas prendre de mesures adaptées, ce président si politiquement incorrect fait office de coupable idéal aux yeux de bon nombre de bien-pensants mais malheureusement, sa condamnation semble être un peu prématurée.

Tout d’abord car il est important de contextualiser les chiffres officiels. En effet, 43.000 victimes (à l’heure où j’écris ces lignes), c’est élevé, très élevé, mais pourtant bien moins impressionnant lorsqu’on observe le nombre d’habitants au Brésil, à savoir 211 millions. À titre de comparaison, il faudrait que la nation lusophone dépasse la barre des 100.000 victimes afin d’obtenir un bilan proportionnellement équivalent à celui de la France.

On pourrait, également, lui reprocher de ne pas avoir mis en place de confinement, mais pour cela, il faudrait tout d’abord occulter la réalité économique du pays, dont une part importante des habitants vit de l’économie informelle, ainsi qu’oublier le fait que d’autres nations telles que la Suède ont fait le même pari, sans pour autant être victimes de ce même lynchage médiatique.

Enfin, s’il est tout de même vrai que la nation sud-américaine est particulièrement endeuillée, le responsable de la gestion des situations d’urgence sanitaire pour l’OMS Michael Ryan a, néanmoins, tenu à rappeler, ce dimanche, que le Brésil ne pouvait être considéré comme le nouvel épicentre du Covid-19 mais qu’il fallait plutôt voir l’Amérique latine « comme un ensemble » où, hélas, le nombre de contaminés est en hausse dans l’ensemble de la région.

Ainsi, à défaut d’être le principal coupable dans la gestion de cette crise sanitaire, Jair Bolsonaro est tout de même parvenu à devenir l’épicentre des critiques.