La dramaturgie d’une séance de penalties, l’électricité d’un combat de MMA, le cadre idyllique d’une promenade en forêt et l’ambiance survoltée d’une étape alpestre du Tour de France.

Voici les ingrédients qui ont bâti le succès du biathlon, cette discipline d’hiver d’origine militaire qui consiste en une course de ski de fond entrecoupée de séances de tir à la carabine au cours desquelles il faut atteindre cinq cibles, chaque échec étant assorti d’une distance supplémentaire à accomplir à skis.

Plusieurs facteurs expliquent l’intérêt croissant pour ce sport autrefois seulement mis en lumière à l’occasion des Jeux olympiques et qui, aujourd’hui, bat des records d’affluence et d’audience, en France comme à l’étranger.

Tout d’abord, les formats de courses, courts et dont les scenarii sont bouleversés au gré des passages sur le pas de tir, sont vivants et donc extrêmement télégéniques, et ce, aussi bien pour les hommes que pour les femmes.

C’est, d’ailleurs, l’un des seuls sports de haut niveau dans lesquels hommes et femmes peuvent concourir ensemble, dans le cadre des relais mixtes, qui donnent lieu à des courses très équilibrées et toujours spectaculaires.

Le biathlon présente également la particularité de coller aux préoccupations majeures du moment. Les considérations environnementales, la synergie entre l’homme et la nature. La prise de conscience de l’importance du corps dans l’équilibre de vie, d’où découle l’explosion de la pratique de la course à pied, du vélo, du triathlon, disciplines dont le biathlon partage le même code ADN.

C’est un sport chevaleresque pratiqué par des athlètes sains de corps et d’esprit, et même au cœur de sa rivalité avec Martin Fourcade, l’hiver dernier, le public français n’a pas éprouvé la moindre animosité à l’encontre du Norvégien Johannes Bø.

Il y a justement un message subliminal, dans le déroulé des saisons qui nous transportent à travers la vieille Europe, des pistes finlandaises aux forêts suédoises, des plaines autrichiennes aux petits villages slovènes. Le biathlon est une carte postale du passé, un retour au berceau originel de notre civilisation chrétienne, un plaidoyer pour l’ des nations, l’Europe qui coulait dans nos veines avant qu’elle ne soit aspirée et soustraite aux peuples pour devenir l’empire technocratique de Maastricht, promoteur du libre-échange et du remplacement de population.

C’est également ce que nous dit la constitution de l’équipe de France, dont les prénoms et les terres d’origine nous renvoient à la France d’autrefois.

Des filles et fils de la classe moyenne de province, élevés au grand air dans les stations savoyardes et pyrénéennes, la vallée du Jura et le plateau du Vercors, dans cette France invisible et silencieuse qui ne réclame rien, cette France ignorée des plans Borloo et autres tonneaux des Danaïdes par lesquels des milliards d’euros sont engloutis en équipements publics qui partent en fumée à chaque émeute.

Martin, Quentin, Émilien, Anaïs et Justine ne sont pas des « chances pour la France », ce sont des enfants de France, ignorés des grands qui leur préfèrent des « instagrameuses » décérébrées, des artistes déracinés et déconnectés, et les « personnalités » à l’indignation hémiplégique, unies dans leur soumission aux diktats de la doxa mondialisée.

7 décembre 2020

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