Editoriaux - Politique - 13 mai 2019

Le ballon Macron face aux vents contraires

Deux événements démocratiques à venir menacent lourdement le ballon libre présidentiel dans lequel Macron regardait la France et ses voisins d’en haut, nonobstant le lâcher de lest au-dessus des gilets jaunes en décembre, qui lui avait conféré une légère remontée en altitude.

Il s’agit, d’abord, des élections européennes.

Point besoin de commentaires, les sondages sont explicites et répétés, quand bien même une marge d’erreur laisse divaguer une petite incertitude. Le parti pris de désigner un seul adversaire, le RN, se retourne contre lui.

L’effet boomerang a sans doute été initié lorsque, début mars, s’impliquant personnellement, il a, du haut de sa nacelle aérienne, balancé sa lettre aux Européens, tels des tracs lâchés au-dessus des populations ou rebelles durant les guerres passées.

Puis, se posant récemment aux confins de l’Union, en Roumanie, il y a proclamé sa vindicte contre les populistes, ce qui a encouragé son adversaire désignée à ruer de plus belle (entendez Marine), laquelle n’est plus à l’école primaire…

Enfin, le choix de dame Loiseau, femme volatile à double sens, pour porter sa parole en terre de France ne semble pas de très bon augure. Et voilà le loyal Philippe contraint d’accaparer l’estrade pour éclaircir et diffuser le programme européen du chef.

Le 26 mai, jour symbolique de la fête des Mères, nous dira si le Père de la Nation a vaincu son ennemi…

Le second écueil vient, paradoxalement, des airs. Il s’agit, en effet, de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP). La première coalition de parlementaires a surgi face à ce choix gouvernemental. Et voici que le RIP va être engagé pour la première fois depuis sa création par Sarkozy en 2008.

Le processus débouchant à ce référendum va demander beaucoup de temps, qui va obscurcir le ciel de notre aéronaute élyséen. Les quelque 4,7 millions de citoyens – 10 % du corps électoral – dont il faut recueillir la signature risquent de souffler des vents contraires, et les gilets jaunes qui réclament leur RIC, enfin comblés, vont logiquement faire du zèle en la circonstance. Sans doute avec une arrière-pensée…

Ce long processus nouveau va perturber, voire polluer, les cycles habituels de la démocratie tricolore. En effet, il risque bien de retarder à nouveau les réformes de la Constitution déjà mises en souffrance par les tornades jaunes et, en outre, de n’être point conclu avant les élections municipales de l’année prochaine.

Tous contretemps politico-météorologiques très fâcheux qui menacent, assurément, l’aérostat présidentiel en le privant de la flamme indispensable à son maintien dans les altitudes lui permettant d’échapper aux pics et obstacles dangereux…

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