Consensus exceptionnel et inouï dans notre super chahutée du moment, des parlementaires ont découvert le « d'initiative partagée » (RIP). On doit ce moment historique à un député du PS, dont le nom n'est pas sans évoquer d'autres moments pittoresques du quinquennat précédent.

Boris Vallaud, entouré d'élus protestataires de tous bords politiques, a donc fait savoir publiquement que le recours au RIP était lancé pour s'opposer à la privatisation d'Aéroports de Paris.

Je ne reviens pas sur le motif de cette soudaine envolée citoyenne, s'insurgeant contre la vente d'un des plus symboliques, voire le plus beau des bijoux de de Marianne. Mais c'est son aboutissement qui risque d'abuser les espérances et déjouer le jeu constitutionnel…

Car je rappelle ce qu'est ce serpent de mer initié il y a plus de dix ans par Nicolas Sarkozy - Plutôt que la chienlit, les urnes ! -, de primitivement « populaire » et qui fut finalement adopté avec l'adjectif « partagé », à la connotation sans doute moins démagogique, seulement en 2015 ! Preuve du peu d'enthousiasme des élus pour cette bienveillance démocratique accordée au peuple.

Une proposition de loi signée par au moins 20 % de parlementaires des deux chambres -actuellement 248 – est la phase initiale. S'ensuit une étude précautionneuse des « sages » - dont l'expert Juppé, désormais – du Conseil constitutionnel. Si la réponse est positive, il s'agit, pour l’État, de recruter 10 % du corps électoral – environ 4,5 millions de Français actuellement - pour entériner ce projet, avec leur signature. On constate, cependant, que l'adjectif « partagé » qualifie bien mal ce partage entre peuple et élus.

Alors, la proposition de loi fait l'objet de sessions et navettes entre les deux chambres. Sans pour autant faire obstacle, évidemment, aux autres travaux parlementaires en particulier urgents.

C'est ainsi que les attentes impatientes des assujettis à l'impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP), dont s'est fait l'écho le avec une étonnante véhémence, pourraient perturber et retarder ce beau processus que notre pays n'a jamais mis en application.

Beaucoup d'avions décolleront et se poseront encore sans doute longtemps encore à Roissy et Orly, établissements publics, avant le terme de cette grande et nouvelle consultation.

Quant au RIC des Jaunes, il risque bien d'en pâtir par effet d'-dispersion, et je doute que l'on trouve des signataires parmi les porteurs de ces gilets.

11 avril 2019

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