Le président de l’Autorité palestinienne n’a pas mâché ses mots. David Friedman, l’ancien avocat de devenu ambassadeur, venait de reprocher à l’Autorité palestinienne de ne pas condamner l’attentat à la voiture-bélier commis vendredi dernier à proximité de la colonie de Reihan, à 25 kilomètres de Jénine, tuant deux soldats israéliens. Friedman était dans le collimateur pour son rôle dans le futur transfert de l’ambassade à Jérusalem, et pour son soutien aux colonies israéliennes (“Elles font partie d’Israël… et elles ne représentent que 2 % de la rive gauche du Jourdain !”, interview du 17 septembre, Walla! News), autant que du fait de son implication personnelle dans les colonies israéliennes (Jerusalem Post, 19 mars, financement de la colonie Beit El près de Ramallah). Il s’est donc fait traiter de “fils de chien”.

Le site Culture Trip, fondé par le psychiatre londonien Kris Naudts afin de rapprocher les peuples par la technologie et l’innovation, doit donc dire la vérité lorsqu’il présente le florilège des insultes arabes les plus marquantes. Pour monsieur Abbas, monsieur Friedman serait donc non pas un chelb (un chien), mais un Ibn al Kalb (fils de chien). Selon le site, si la première insulte fait grimper le candidat au top du hit, la seconde dépasse les bornes car insultant la famille, donc la réputation du clan. Abbas aurait ainsi pu matraquer Friedman à force de Hemar (bourrin), Ya Gazma (savate), Ya Khara (étron), Gawad (maquereau), Abu Reiha (père de la puanteur !). Ou encore aurait-il pu lui dire : Tah-hathek (que la chance t’abandonne !), Kol Khara (mange l’étron [et tais-toi] !) et, pour finir, Allah Yakhthek (que Dieu reprenne ton âme !).

Non, Abbas a choisi l’option nucléaire, insultant par le chien la lignée de Friedman. Car pour tout Arabe qui n’a pas encore été éclairé par la lumineuse ordonnance occidentale, la famille (donc le clan) dépasse le seul individu. C’est sacré, point final. Désacraliser la famille revient donc à annihiler l’adversaire. Si bien que monsieur Friedman s’est demandé aussitôt : “Antisémitisme ou discours politique ? Je ne suis pas là pour juger. À vous de décider” (Sixième forum contre l’antisémitisme, Jérusalem). Toute cette histoire de famille aurait pu être chantée par Oum Kalsoum en ses longues mélopées, si une question ne se posait pas : monsieur Abbas est-il représentatif de quoi que ce soit, coincé entre Saoudiens, Israéliens et Américains, et le Hamas? Un Hamas qui, la semaine dernière, aurait selon Abbas lui-même fait sauter une bombe sur le parcours de son Premier ministre Rami Hamdallah, lui-même accompagné de son chef du renseignement Majid Faraj.

Au fait, quid de David Friedman ? Fils d’un rabbin conservateur, Friedman, avocat spécialisé en faillites et redressements, a connu Trump dans sa période casinos. Friedman est connu pour son œuvre caritative, très hostile à la solution des deux États : The Friends of Beit El finance, en effet, la colonie Beit El (voir plus haut) à raison de deux millions de dollars par an. L’association est également financée par la famille de Jared Kushner, lequel, récemment, dirigeait avec succès la diplomatie secrète de Trump au (ndlr : Kushner vient de perdre son accès aux informations top secret, du fait des enquêtes en cours qui plongent dans ses contacts russes et ceux du Golfe).

Quelle vie de chien !

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