L’éventualité de l’organisation d’un référendum en Turquie portant sur le rétablissement de la peine de mort provoque des réactions au sein de la classe politique allemande, qui s’oppose à toute consultation sur ce sujet, par le gouvernement d’Ankara, des Turcs d’Allemagne.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan, qui avait fait supprimer la peine de mort en 2004 alors qu’il était Premier ministre, a, à plusieurs reprises, depuis la tentative de putsch dont il a été victime en juillet 2016, évoqué la possibilité de remettre celle-ci à l’ordre du jour.

Les politiciens allemands, échaudés par le fait que la campagne pour le référendum d’avril 2017 sur le renforcement des pouvoirs présidentiels avait aussi été conduite en Allemagne et que, de plus, une majorité des Turcs d’Allemagne avaient voté en faveur de la proposition d’Erdoğan, réagissent à l’éventualité d’une nouvelle campagne turque dans leur pays.

La chancelière démocrate-chrétienne (CDU) Angela Merkel a affirmé que, dans le cas d’une éventuelle campagne pour la réintroduction de la peine de mort en Turquie, ce pays ne devrait pas pouvoir en faire la publicité auprès de ses citoyens résidant en Allemagne.

Le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert avait annoncé, quelques jours auparavant, que l’Allemagne interdirait que soit conduite sur son sol une telle campagne :

Il n’est pas envisageable politiquement que nous approuvions une telle consultation en Allemagne à propos d’une mesure qui va clairement à l’encontre de notre Constitution et des valeurs européennes.

Il avait également précisé que, si un autre État désire organiser un vote en Allemagne au sein de son ambassade ou de ses consulats, il doit recevoir l’autorisation de l’Allemagne et que, pour le moment, aucune demande n’a été introduite en ce sens par la Turquie. Par conséquent, la question reste hypothétique et il n’a pas à y répondre.

Le président du Parti social-démocrate (SPD), Martin Schulz, a également rejeté un référendum sur ce sujet parmi les Turcs d’Allemagne et déclaré à l’hebdomadaire Der Spiegel :

Dans le cas où le gouvernement turc organiserait vraiment un référendum sur l’introduction de la peine de mort, il devrait être clair qu’une telle consultation ne pourrait avoir lieu parmi les Turcs vivant en Allemagne.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, estime que si la Turquie réintroduit la peine de mort, cela signifiera la fin définitive des négociations en vue de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Il a déclaré au quotidien régional Rheinische Post :

Si la réintroduction de la peine de mort devenait plus que de la rhétorique, cela signifierait clairement un rejet par la Turquie de la famille européenne.

avant d’ajouter qu’il s’agit de "la plus rouge de toutes les lignes rouges" et que cela conduirait immédiatement à une rupture des négociations.

1095 vues

11 mai 2017

Partager

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.