Editoriaux - 5 décembre 2019

L’adieu à Clément Frison-Roche : « une immense fierté et une immense douleur »

Tels sont les mots, beaux et forts, de son frère, lui-même officier, au début des obsèques de Clément Frison-Roche célébrées, mercredi, à Villeneuve-sur-Lot : « Tu es mort en soldat. C’est une immense fierté et c’est une immense douleur. »

C’est dans l’église Sainte-Catherine de Villeneuve-sur-Lot, où nous l’avons vu pour la première fois, il y a 15 ans, que la cérémonie avait lieu : entouré de ses frères, le jeune adolescent servait. Déjà. C’est dans cette église, entouré de toute sa famille, de ses parents, de son épouse et de sa fille, que nous lui avons dit adieu.

Lors d’une messe présidée par le père Anthony del Castillo, originaire du Pérou et curé de la paroisse du Cannet-des-Maures, située non loin de Luc-en-Provence, où Clément avait terminé sa formation de pilote d’hélicoptères de combat. Un prêtre, un ami, qui l’avait accompagné avec son épouse, Marie.

Un prêtre qui eut, lui aussi, des mots forts et vrais : « Nous avons perdu Clément mais nous avons gagné un héros […] Nous avons en face de nous quelqu’un qui a su aimer sa patrie jusqu’au bout, qui a su aimer sa famille jusqu’au bout et qui aimait Dieu encore bien davantage. »

Des mots reçus droit au cœur par tous ceux qui étaient venus lui dire adieu, ces trois familles, trois entités mystérieusement entremêlées, fondues et pourtant bien reconnaissables, qui, autour de Clément et en chacun de nous, n’en faisaient qu’une : celle des armées et de sa patrie, celle de sa famille et celle du Ciel. Ces trois familles qu’il a aimées, et servies, réunies aussi, de façon bouleversante, dans l’image du cercueil recouvert du drapeau et porté par son père et ses trois frères, suivi de sa mère, son épouse et sa petite fille.

La vie de Clément, belle et riche, témoignait simplement et sereinement, pour tous ceux qui l’ont connu, à quel point ses deux familles de la terre trouvaient leur source et leur sens dans celle du Ciel, cette Jérusalem céleste que nous chantions. Et qui chantait avec nous.

En méditant la prière de saint Augustin qui était lue, on savait que « le fil n’était pas coupé », que la conversation avec Clément, « passé dans la pièce d’à côté », allait reprendre, dans le silence, sur le ton familier de l’au-delà.

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