La séquence qui s’achève, après le tabassage du producteur de musique, a, en quelque sorte, représenté pour une chance « miraculeuse » pour faire oublier le mouvement d’indignation patriotique né après la de Samuel Paty. Il ne l’a pas laissée passer.

À cause du fait qu’il était un prof d’histoire, en pleine période des caricatures, ou à cause des conditions atroces de son assassinat, « l’affaire Paty » avait marqué les esprits plus que d’autres. Elle avait entraîné un sursaut patriotique, anti-islamiste et anti-, d’abord des républicains patriotes, humiliés par l’islamisme conquérant, qui bafoue leur conception de la , et, à la suite, d’une partie de l’opinion. Cela avait marqué une rupture. « Ça ne peut plus durer » : ce qui se pensait en privé, même en dehors de la droite nationale et de la « fachosphère », avait commencé à se dire publiquement sur les plateaux télé.

Ceci constituait un danger mortel pour Emmanuel Macron. En effet, à l’instar de ses prédécesseurs depuis , son « système politique » est basé sur une survalorisation et une victimisation des forces multiculturelles (banlieues, islam, immigration) dans le but de « fasciser » et repousser dans un ghetto politique, sous couvert de racisme, tout ce qui peut constituer une critique. Pour Macron, même si les bourgeoisies lui demandent de l’ordre, aller à droite est impossible. S’il est fondamental que, pour les rassurer, il fasse semblant d’y aller, il l’est tout autant que, en réalité, il n’y aille pas, au risque de mettre en défaut sa construction politique et de reconnaître que le a raison depuis des décennies….

Emmanuel Macron avait déjà, dans son discours des Mureaux, annoncé le renforcement de la lutte contre l’islamisme. Il ne pouvait faire moins, même si certains pensaient bien que cette future loi ne serait que cosmétique. Mais ensuite, après la mort de l’enseignant, ne pouvant arrêter la vague d’indignation, il a biaisé. Il a laissé son ministre de l’Intérieur partir « à droite » : activisme, emploi d’expressions connotées comme « de droite », soutien à la , annonce de la future loi de « sécurité globale », etc. Face aux risques graves et avérés, rien d’autre, en fait, qu’une timide tentative de changement. Mais malgré cela, le Président se mettait en danger. Pour se protéger, il lui fallait un événement lui permettant de frapper l’opinion en sens inverse et de relégitimer sa construction politique « pro-diversité » et « anti-patriotique ». Cette occasion qu’il espérait, les circonstances viennent de la lui offrir.

En effet, la triple séquence « évacuation du camp de migrants de la République », « manif contre l’article 24 de la future loi », « tabassage de Zecler » lui permet de procéder à un recentrage de l’opinion. Si Macron n’est pas un génie de l’action, par contre, c’est un excellent manipulateur ; il a conclu cette période par un long message « d’indignation » sur Facebook, pour à la fois clore la séquence et lui donner de l’importance. Il y lâche sa , en n’attendant pas le rapport de l’IGPN, car il doit donner des gages à sa gauche par rapport à l’impression de « droitisation » qu’il a laissée et, surtout, arrêter le mouvement patriotique que la mort de l’enseignant a enclenché.

Dans l’esprit du Président, cette séquence « miraculeuse » que l’actualité lui donne porte un nom : « Oublier Paty ». Il en restera les bougies, les fleurs, les larmes et les cérémonies du souvenir, mais, plus, espère-t-il, le mouvement de fond.

À quand, le prochain virage ? À ce jeu de slalom, les marges de manœuvre se resserrent de plus en plus. Le mouvement patriotique repartira de plus belle au prochain . Par ailleurs, les forces multiculturalistes et la gauche naïve qui les soutient prennent confiance, au fur et à mesure des reculades de l’État. Combien de temps faudra-t-il à l’opinion pour se persuader que l’État ne peut godiller sans cesse entre deux politiques inconciliables, et pour le sanctionner ?

À un moment donné, « forces de droite » et « forces de gauche » exacerbées vont toutes deux sommer le pouvoir de prendre enfin une position. Il sera incapable de choisir. Ce jour-là, ça explosera.

4 décembre 2020

Partager

À lire aussi

Les éléphants d’Éric Zemmour

Avant même que cette timide loi ne soit discutée, au moins sept énormes éléphants la piéti…