Représentation dans les instances universitaires, mise en place d’actions sociales et solidaires, organisation de séminaires, d’été, galas, accompagnement des étrangers… Les actions portées par le syndicat des Étudiants musulmans de France (EMF) ressemblent, à s’y méprendre, à celles d’autres organisations étudiantes.

Pour autant, « l’EMF est une antenne satellite des Frères musulmans français. Cette organisation a été créée par les islamistes politiques pour occuper le terrain estudiantin. Ils veulent investir tous les champs de la société, et la jeunesse est le nerf de la guerre », affirme, dans une enquête du Figaro, Naëm Bestandji, qui se décrit lui-même comme un militant féministe et laïque. Ce Français d’origine tunisienne a toujours vécu dans des quartiers populaires et a longtemps travaillé dans le domaine socio-culturel auprès d’enfants et d’adolescents. C’est dire s’il connaît la question de la radicalisation qu’il a constatée « personnellement et professionnellement ». Il décrit, sur son site, « le flicage grandissant pour surveiller ceux qui font le ramadan ou pas », « l’évolution vestimentaire », « la difficulté de plus en plus grande de proposer des activités mixtes aux adolescents » et « la menace de cet intégrisme religieux qui devenait une norme à ne pas remettre en question ».

Mohamed Louizi, quant à lui, est ancien cadre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Il explique, au Figaro, que le syndicat des Étudiants musulmans de France est « en réalité le bras des Frères musulmans à l’université. Ces établissements sont des laboratoires d’idées : tous les débats que l’on voit aujourd’hui au sujet de la laïcité, du voile, toutes les revendications communautaristes prônées par les Frères musulmans ont déjà été abordés dans des congrès étudiants dans les années 1991-1992 » et, de cette façon, un moyen de « faire du prosélytisme dans les facs ».

Et le quotidien de révéler, dans cette enquête, l’influence grandissante des EMF implantés dans 26 villes universitaires. Pour remporter des élections de représentants dans les instances et peser, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) et l’UNEF n’hésitent pas à s’allier avec le syndicat musulman. Le résultat ne se fait pas attendre : « En quelques années, il y a eu un effondrement de la pensée critique. Notre organisation a arrêté de défendre les étudiants et s’est mise à épouser des thèses intersectionnelles en voulant porter secours à d’hypothétiques minorités. Quand je voulais débattre de méritocratie, d’égalité des chances, de culture, on me disait : “Parlons plutôt d’un vrai sujet : le voile”. On me mettait la pression pour que j’organise des réunions non mixtes », témoigne Paul Melun, ancien président de l’UNEF à Sciences Po Bordeaux.

Déjà confrontés aux thèses progressistes (décolonialisme, théories du genre, écriture inclusive…), les présidents d’université, craignant d’être taxés d’antiracistes ou d’antimusulmans, préfèrent laisser passer pour ne pas « avoir de problème ». À moins qu’ils manifestent là leur sympathie à l’égard de l’islamo-gauchisme ? Le formatage idéologique des étudiants, ces adultes de demain, certes ne date pas d’hier, mais il se porte bien…

12 février 2021

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