Amusant, ces journées de tout et de rien. Il y a des Journées des droits des femmes comme il y a des Journées de la bienveillance ou de la gastronomie. Pas sûr que ce soit vraiment une marque de respect pour les femmes.

Amusant, aussi, le fait que ces journées décrétées soient surtout suivies en Occident. On a vu une sculpture de clitoris de 5 mètres de haut devant la tour Eiffel: belle invitation à ne pas sexualiser les femmes, au passage. On n’a rien vu à Pékin, Abou Dabi ou Dakar. Marrant, ça.

Alors, quoi de neuf, en ce 2021, du côté de la condition féminine ? Des dames en niqab qui veulent retourner en France après une expérience « pas top » comme veuves noires de Daech ; un ministre qui réduit Napoléon à sa misogynie ; une opposition frontale à la seule femme susceptible de gagner l’élection présidentielle française (mais c’est parce qu’elle incarne « la haine », alors, bon…) ; des lois bioéthiques qui vont permettre de marchandiser encore un peu plus le miracle de la vie ; des « diagnostics genrés » réalisés par la mairie de Paris, tandis qu’à quelques jets de pierre de là, on continue de réfléchir à l’élargissement des trottoirs pour éviter le harcèlement…

On dirait que ça n’avance pas vite, cette histoire de droits.

Heureusement, Info nous révélait, ce matin, un fait historique intéressant (si si) : dans les tribus préhistoriques nomades, les femmes participaient à la . C’est en quelque sorte la sédentarité qui a inventé le patriarcat. Malgré les conclusions au ras du sol qu’en tirait la radio d’État, je crois qu’il y a un début de piste à creuser : l’oppression des femmes existe bien, mais dans les sociétés qui produisent des hommes médiocres.

Les civilisations mobiles et guerrières créent de facto une véritable égalité des sexes : les conditions extrêmes ne permettent pas de se planquer derrière sa tablette pour éviter de participer aux tâches quotidiennes. Et quand un rôle ne peut être assumé que par un homme ou par une femme, chacun sait très bien, humblement, faire la part des choses. Voyons les Vikings hier, les Kazakhs aujourd’hui ou les Kurdes depuis la nuit des temps. La féministe Alice Coffin, dans son ouvrage Le Génie lesbien, citait l’exemple viking de la skjaldmö, la guerrière au bouclier, comme une invitation à créer d’ineptes sororités pour éradiquer l’homme. Il lui faudrait peut-être (re)lire Régis Boyer.

Moins de journées à la con ; plus d’hommes dignes de ce nom, c’est-à-dire façonnés par l’adversité et n’ayant pas besoin de femmes soumises pour se sentir exister ; plus de femmes dignes de ce nom, c’est-à-dire prêtes à accueillir la vie si elles le peuvent, et ne s’appuyant pas sur les quotas et la pleurniche pour singer les carrières masculines.

On essaie ?

Bonne fête, Mesdames ! Demain, comme tous les autres jours, ce sera la fête des droits des hommes : taux de mortalité, de suicide, d’incarcération, de déchéance de la garde parentale, d’exercice de métiers à risque. Le premier explosera les compteurs et on n’en fera pas un drame.

9 mars 2021

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