Les députés de la commission des affaires sociales ont donné leur feu vert, mercredi 30 septembre, à une proposition de loi visant à élargir le délai légal de l’avortement de 12 à 14 semaines. Cette proposition sera débattue dans l’Hémicycle le 8 octobre prochain.

Profitant de l’anesthésie des consciences liée à la pandémie, la majorité fait avancer en catimini des projets de loi d’une gravité éthique sans précédent.

Les jalons ont été posés de longue date. De façon récurrente, les lobbies et le Planning familial invoquent une rhétorique victimaire sur « les difficultés d’accès à l’ et les régressions en matière de droits des femmes en France », posture purement idéologique qu’aucune réalité ne vient corroborer car jamais l’accès à l’IVG, en France, n’a été autant facilité, encouragé, subventionné.

Jamais notre société n’a été aussi abreuvée de propagande en faveur de l’IVG, et la quasi-béatification de Simone Veil à sa disparition a encore contribué à renforcer l’aveuglement collectif sur la réalité de cette loi, de ses dérives, de son fondement inique. Ne nous y trompons pas : la rhétorique utilisée à l’époque n’a servi qu’à endormir les consciences les plus hostiles au projet de loi, en se présentant sous un jour humaniste, en insistant sur le caractère exceptionnel et grave de cet acte, et en insistant sur le volet préventif.

Or, au fond, ce qui se passa fut l’inverse : le volet de prévention fondit au profit de l’extension de la pratique.

Depuis ce moment, les lobbies n’ont eu de cesse de vouloir faire sauter les digues qui permettaient jusque-là pourtant de protéger la femme face à d’éventuelles pressions. Ils n’ont eu de cesse de nier la dimension traumatique de cet acte en supprimant la notion de « détresse », en mettant un soin quasi maniaque à édulcorer le langage autour de l’acte lui-même, en simplifiant l’aspect technique de sa réalisation et ses conséquences possibles, en dédramatisant à outrance l’aspect psychologique.

Or, tandis que certaines digues semblaient tenir encore il y a peu, comme la clause de conscience, le délai de réflexion pré-IVG, il semble que la présidence Macron les fasse sauter une à une.

Demain, une nouvelle digue s’apprête à sauter : celle de l’allongement du délai légal de l’IVG. Ne nous y trompons pas, l’objectif est, à terme, de supprimer tout délai. Un des jalons déjà posés, il y a quelques semaines, a été de préconiser la possibilité d’avorter jusqu’au 9e mois pour « motif psycho-social ». La notion de détresse infantilisait la femme avant 12 semaines, il fallait la supprimer. Mais pour autoriser l’IVG à 9 mois, comment faire accepter la mesure dans l’opinion ? En faisant vibrer la corde émotionnelle. C’est chose faite. Ainsi, l’IVG à 9 mois passerait presque pour un acte humanitaire.

Avec l’extension du délai légal de l’IVG se pose, cependant, la question de l’aspect technique de l’acte, simplement exposée par les professionnels de santé eux-mêmes : à ce stade, il faut utiliser une pince spécifique. C’est peut-être cela qui inquiète le plus les associations féministes : que les médecins expriment une réticence de plus en plus grande à pratiquer cet acte.

Dans le tableau idyllique brossé par les partisans de l’IVG, il manque toujours une dimension, qu’aucune loi ne peut contraindre ni entraver : celle de l’impact émotionnel de l’IVG.

Or, c’est bien là que le bât blesse, parce que l’homme n’est pas une machine, et que les actes qu’il pose ont un impact décisif sur sa psychologie. Il est peut-être interdit de s’opposer à l’IVG, mais aucune loi ne pourra jamais nous interdire de souffrir.

7 octobre 2020

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