Deux mois de télétravail et une météo de rêve. Il n’en fallait pas plus pour inciter certains à bouleverser profondément leurs habitudes quotidiennes. Aussi, des citadins ayant goûté aux joies de la vie au vert rêvent, désormais, de leur petite maison dans la prairie quand d’autres privilégient une conversion écologique, sûrs que le système est en train de s’effondrer.

« On a au moins une centaine d’appels par jour pour des propriétés à la campagne. On n’a jamais connu ça. Pratiquement une transaction quotidienne. Des biens qui s’arrachent avant même la mise en vente officielle. Des surenchères. Des gens qui délocalisent leur activité ou qui se lancent dans des projets novateurs, en lien avec la nature… On est en train de découvrir qu’il y a plein de façons de ne pas vivre en ville ! » témoigne, dans Le Figaro, Patrice Besse, fondateur de l’agence spécialisée dans les biens de caractère. Mais il n’y a pas que les résidences secondaires qui profitent de ce véritable engouement post-confinement. À Chartres, la capitale beauceronne séduit de plus en plus de Parisiens en manque d’espace. Nicolas Maitrejean, directeur de l’agence Century 21, y observe qu’un tiers des demandes vient désormais de Paris et de la première couronne. « À 80 %, ils cherchent du principal, ils ont vraiment envie de changer de vie, et 70 % d’entre eux nous demandent des maisons. Pour cela, ils sont prêts à télétravailler, faire la navette ou même chercher un nouvel emploi ici. » À l’inverse, Sylvie, cette ex-Parisienne partie vivre à la campagne pour la retraite mais à qui la capitale manque manifestement, ne comprend pas cette tendance : « Le confinement n’a duré que deux mois, pas de quoi avoir envie de déménager pour quitter une si belle ville et ses opportunités uniques ! »

Une chose est sûre : ces mois de confinement auront mis en lumière un désir de ralentissement qui peut passer par une vie au vert et un retour à la terre. « Face à l’infini des possibles, nous voulons toujours plus et toujours mieux. Dans certaines familles que je recevais avant cette crise, il me semblait qu’on avait parfois perdu le goût des choses simples, des activités tranquilles », explique la psychologue-clinicienne Béatrice Copper-Royer. Mais lorsque la sobriété heureuse et la conversion écologique sont poussées à l’extrême, elles peuvent conduire certains à vivre en autarcie pour des raisons survivalistes.

Ainsi, depuis le début du confinement et son climat médiatique anxiogène, la page Facebook « La collapso heureuse » a séduit plus de 5.000 nouveaux membres. Convaincus que l’effondrement de notre civilisation est proche, ils optent pour un changement de vie radical proche de la nature, quitte à « vivre d’amour et d’eau fraîche ». Effondrement du système, envie de décroissance ou tout simplement d’un petit bout de jardin, à chacun ses raisons de changer de vie. L’avenir dira si cette tendance post-Covid-19 se maintient ou pas. En attendant, c’est une aubaine pour les agents immobiliers dont l’activité avait complètement cessé durant le confinement. Nicolas Maitrejean l’espère vivement : « Pourvu que cet engouement dure ! »

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