Editoriaux - International - Médias - Polémiques - 5 novembre 2019

La BBC dénonce des sites consacrés à la vente d’esclaves

On reproche l’esclavage des Noirs à l’Occident alors que cette odieuse pratique est prohibée depuis plus de 175 ans.

Pendant ce temps, l’esclavage perdure dans les pays du Golfe…

Selon un reportage de la BBC, des applications installées sur Facebook ou Google permettent à des Koweïtiens de « vendre » leurs domestiques, comme s’il s’agissait d’animaux ou de vêtements. Sur un de ces sites de la honte présents sur Instagram, on tombe sur un mur de photos. En cliquant sur l’un des clichés, on découvre le prix demandé pour l’esclave et on peut lire un bref commentaire le décrivant. Citons-en quelques-uns pour mieux souligner l’ignominie du procédé : « Souriante, on peut lui demander de rester éveillée jusqu’à 5 h du matin » (bref, on peut la faire travailler 24 h sur 24 en ne lui accordant que quelques heures pour dormir) ; « Effrontée, ose demander un jour de congé » (!).

Ces remarques sont à vomir. Selon les textes sans doute variablement appliqués (Code noir Colbert), même les esclaves africains si durement traités par leurs maîtres blancs avaient droit à leur dimanche…

Ce marché aux esclaves dérive d’une coutume islamique dévoyée, la kafala. Ce parrainage se substitue, dans les pays musulmans, à l’adoption occidentale qui est contraire à la charia, car elle modifie la filiation. Grâce à la kafala, le « parrain » acquiert tout pouvoir sur un « filleul » qu’il peut traiter comme s’il était son enfant, c’est-à-dire correctement s’il le souhaite, mais aussi éventuellement le surcharger de travail. Il doit, en échange, le loger et le nourrir, mais rien ne s’oppose à ce qu’il le fasse a minima. Le domestique ne peut pas s’échapper à cette emprise, car on le contraint à remettre à son maître son passeport ; il doit obtenir l’accord de son « propriétaire » pour quitter le Koweït.

Les malheureux domestiques, philippins ou bengalis, sont recrutés par des agences spécialisées qui leur font miroiter de hauts salaires et leur avancent le prix de leurs billets d’avion. Les esclaves sont donc, dès le départ, affligés d’une dette qu’ils n’arriveront jamais à rembourser. Les agences revendent leur « cheptel » à des Koweïtiens (c’est-à-dire qu’elles se font rembourser les sommes avancées avec une confortable indemnité). Les acquéreurs font travailler leurs domestiques pour une bouchée de pain. Quand ils sont lassés d’eux ou s’ils ont besoin d’argent, ils les revendent. Quelques-uns, les plus vicieux, exploitent sexuellement leurs servantes, puisque le Coran autorise quatre femmes et autant de domestiques que l’on souhaite.

Les autorités koweïtiennes se disent préoccupées par ce problème et prétendent qu’elles prennent des mesures. Pourtant, la remise des passeports aux « parrains » n’est toujours pas prohibée. Heureusement, Facebook et Google, réagissant au reportage de la BBC, vont bientôt interdire les applications de reventes d’esclaves. Il était temps !

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