Au terme d’un suspense qui n’en était plus vraiment un, vient d’être confirmé président, avant de l’être officiellement, le 20 janvier prochain, les fraudes électorales dénoncées par n’ayant pas été clairement prouvées. Tout comme les démocrates n’avaient pu démontrer celles organisées par les républicains en Floride contre Al Gore, leur champion de 2000. Il n’empêche que, dans les deux cas, il paraît néanmoins plausible que ces fraudes n’étaient pas que seules vues de l’esprit.

Il n’empêche que la principale raison de la chute, même relative, de Donald Trump est plus à mettre au « crédit » du coronavirus que de ces seuls tripatouillages de voix, manifestement favorisés par le très opaque vote par correspondance. Sans surprise encore, ce dernier campe dans le rôle du mauvais perdant ; ce qui ne signifie pas non plus que Joe Biden puisse exceller dans celui du bon gagnant, surtout lorsque sombrant dans le lyrisme incantatoire : « Dans cette bataille pour l’âme de l’Amérique, la démocratie l’a emporté. » Son prédécesseur, lui, au moins, nous évitait les tirades religieuses d’ordre eschatologique. Enfin, ce qui compte, semble-t-il, c’est que les médias français soient contents.

Pourtant, ce transfert d’affection pourrait bien se trouver refroidi par ce tweet de Joe Biden, mis en ligne le 24 novembre dernier, où il évoque la prochaine équipe dirigeante, laquelle « reflète le fait que l’Amérique est de retour, prête à mener le monde, pas à s’en retirer, de nouveau assise en tête de table, prête à se confronter à nos adversaires, à ne pas rejeter nos alliés, prête à se dresser pour défendre nos valeurs ». George W. Bush, en son temps détesté par ces mêmes médias, n’aurait pas mieux dit.

Histoire de doucher l’enthousiasme général, il y a encore cet avertissement d’André Loesekrug-Pietri, ancien ponte d’Airbus, puis « conseiller spécial » de Florence Parly, ministre des Armées, publié par Le Huffington Post, ce 15 décembre, dans lequel il affirme que « la victoire de Joe Biden est une bonne nouvelle pour le monde, peut-être moins pour l’Europe ». Et d’expliciter la politique américaine à venir : « Le mandat de Joe Biden sera consacré au retour d’une Amérique stratégique. […] L’un de ses champs de bataille sera indéniablement celui de la technologie. Les GAFA s’offrent déjà la part du lion de ce marché. 80 % des données Internet dans le monde transitent déjà par les USA. Sur les huit capitalisations boursières, toutes sont des sociétés technologiques, cinq sont américaines, trois chinoises et aucune européenne. »

Et le même de poursuivre : « Le président Biden s’est entouré de connaisseurs pour construire sa politique technologique, dont Cynthia Hogan, ancienne vice-présidente d’Apple, Jessica Hertz, des affaires juridiques de Facebook ou encore Eric Schmidt, ancien patron de Google. Ne nous attendons donc pas à un démantèlement des GAFA. » Démantèlement que Donald Trump envisageait sérieusement, rappelons-le.

À cette suprématie technologique pourrait encore s’ajouter celle de l’écologie, avec la nomination de John Kerry, candidat démocrate malheureux à l’élection présidentielle de 2004, qui vient d’être nommé à un poste taillé sur mesures, celui d’« envoyé spécial pour le climat » ; soit une nouvelle manière, pour la Maison-Blanche, de donner un nouvel élan mondial à son « soft power » de toujours.

Quoi de mieux, en effet, qu’une nouvelle croisade messianique pour réaffirmer son autorité morale et politique sur une Europe qui commençait juste, aidant, à envisager de relâcher les liens l’unissant avec cet « ami » si encombrant ?

L’isolationnisme de Donald Trump n’avait pas que des inconvénients.

15 décembre 2020

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