Lors du match de Ligue des champions PSG-Basaksehir, les joueurs des deux équipes ont quitté le terrain pour dénoncer le propos qu’ils ont jugé raciste de la part d’un arbitre.

Au micro de Boulevard Voltaire, Jérémy Bouhy s’interroge sur la surenchère médiatique qui a eu lieu à la suite de cet incident.

Mardi soir, le Paris Saint-Germain recevait à domicile l’Istanbul Büyükşehir, un des clubs de la ville d’Istanbul en Turquie. Le match a été arrêté à la 40e minute pour des raisons que vous allez développer.

Je ne commenterai pas les faits puisque je n’étais pas sur place. J’étais, comme tout le monde, dans mon canapé à zapper entre les deux matchs. Je suis passé d’un match à l’autre et quand je suis revenu au match du PSG, j’ai constaté que le jeu était arrêté et qu’il y avait une forme de bousculade sur la pelouse et beaucoup de monde sur le terrain.

Cet incident est monté très haut dans les sphères politiques. L’UEFA et la FIFA ont diligenté une enquête. Lorsqu’on aura tous les éléments et qu’on aura compris le contexte de ce qui s’est passé, on pourra tous donner notre avis.

 

Sans trop s’avancer, on peut dire que c’est une histoire sur fond de racisme. Qui, comment et pourquoi, on laissera l’enquête le dire. Néanmoins, dans la minute après l’interruption du match, l’intégralité des médias, des commentateurs et des personnalités ont condamné la parole raciste qu’aurait eue un arbitre adjoint. Dans la réalité, on ne sait pas. Néanmoins, une surenchère antiraciste absolument incroyable s’est déchaînée jusqu’à aujourd’hui.

On est en plein dans le livre de William Goldnadel, Névroses médiatiques. Il développe l’idée sur laquelle le monde est devenu une foule hystérique qui juge dans l’immédiat avec absolument aucun recul ni aucune connaissance des faits. Forcément, ce jugement immédiat est, bien entendu, exacerbé par les réseaux sociaux. Dans le fond, si j’ai une idée à développer, je pense que la presse est coupable. Je vais prendre l’exemple du journal L’Équipe. Je le lis depuis bientôt trente ans. Ce matin, je télécharge L’Équipe et je vois qu’il y a quatre pages consacrées à l’incident. L’incident a eu lieu mardi soir à 22 heures, L’Équipe est bouclé et part en impression à 4 heures du matin. Comment se fait-il qu’entre 22 heures et 4 heures du matin, il y ait de la matière pour en écrire quatre pages ?

Le problème de la presse en général est beaucoup plus profond. Si je pousse mon raisonnement, je me baserai sur l’hypothèse suivante : beaucoup de marques avaient retiré leur soutien et leur partenariat à CNews parce que CNews donnait la parole à Éric Zemmour. Aujourd’hui, il y a une surenchère dans les groupes de presse français pour aller chercher les contrats de sponsoring des grandes marques. Il faut absolument « montrer patte blanche » et montrer des éléments de bonne conduite, de bonne morale et de bien-pensance.

Pourquoi, depuis un an et demi, le journal L’Équipe est en roue libre et nous a fait des dossiers entiers sur le sport et les LGBT. Il nous a aussi fait, pendant six mois, une campagne anti-Trump absolument odieuse mettant en valeur Megan Rapinoe.

Pourquoi, ce matin, L’Équipe fait quatre pages ? Parce que derrière, il y a cette guerre pour récupérer les partenariats et les grands groupes français. Cela colle avec l’idéologie du moment que vous avez expliquée, qui est celle de la doxa progressiste de l’antiracisme et de tout ce que l’on essaie de nous vendre. Selon moi, cela s’apparente à une diarrhée mentale et un lavage de cerveau.

 

On assiste à une espèce d’antiracisme devenu fou. Il est incroyable que cela puisse toucher le milieu du sport. Comment expliquer cette racialisation qui touche jusqu’au sport ?

Le sport est, aujourd’hui, un élément central et sociétal de la vie. C’est un socle d’intégration, de partage davantage que l’école et l’entreprise. Aujourd’hui, tout le monde se croise dans et par le sport. Le sport ne peut donc pas être épargné. La société tout entière est dévorée par cette racialisation des débats. Il est donc tout à fait normal que le sport soit également touché.

10 décembre 2020

À lire aussi

Les femmes, grandes perdantes des premières mesures de Joe Biden

Le 20 janvier, jour de son intronisation, Joe Biden a signé un décret qui autorise désorma…