Jean-Yves Le Gallou : « Le 9 mai, il faut fêter l’Europe et non l’Union européenne »

À l’occasion de la fête de l’Europe, Jean-Yves Le Gallou rappelle son attachement à la civilisation européenne, loin du « magma mondialiste » de l’Union européenne.

Au micro de Boulevard Voltaire, il évoque l’enjeu des élections européennes, avec la probable constitution d’un groupe souverainiste fort.


Vous êtes le fondateur de l’institut Iliade pour la longue mémoire européenne.
Le 9 mai est la date retenue pour être la fête de l’Europe.
Prenez-vous part à cette journée de l’Europe ?

Je crois que l’Europe est d’abord une civilisation. Pourquoi ne pas fêter la civilisation européenne, notre civilisation commune ?
En revanche, l’Europe ce n’est pas les institutions européennes. Il ne faut pas faire de contresens. Il faut fêter l’Europe qui est notre mère à tous, notre civilisation commune. Ce que les Lettons partagent avec les Italiens et les Portugais avec les Hongrois, doit être fêté, surtout au moment où nous sommes menacés par une submersion migratoire qui vient d’Afrique et du monde musulman.
Cela n’a évidemment pas grand-chose à voir avec les institutions européennes elles-mêmes qui, comme les principaux pouvoirs politiquement corrects, œuvrent à l’inverse des besoins de la civilisation européenne.


Ces institutions sont-elles des escrocs qui détournent cette civilisation à leur propre compte ?

Je crois que la logique des institutions européennes telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui souscrit à une logique mondialiste. Aujourd’hui, on veut une Europe sans frontières, sans limites anthropologiques, sans frontières mentales, sans frontières morales et sans frontières physiques. L’Europe, au contraire, en tant que civilisation, a besoin de ces frontières, d’une mémoire commune et non pas de s’insérer dans un magma mondialiste.


Les élections européennes approchent. Pensez-vous que votre vision de l’Europe soit représentée sur le spectre politique ?

Je pense que dans la prochaine assemblée européenne, il y aura probablement autour de 200 députés sur 700. Ce n’est pas une majorité, mais c’est tout de même un nombre très important. Ils seront attachés à la protection des frontières extérieures à l’Europe et seront sur la ligne qui peut être celle de Salvini en Italie ou d’Orban, le Premier ministre hongrois.
L’ensemble des forces hostiles à la submersion migratoire de l’Europe représentera probablement 200 à 240 députés dans la prochaine assemblée. Ce n’est pas une majorité, mais ce sera une minorité de blocage comme il n’en a jamais existé.
Le véritable enjeu des élections européennes est les frontières européennes. La question n’est pas de savoir s’il doit y avoir plus ou moins de pouvoir dans telle ou telle direction et entre telle ou telle institution. Ce n’est pas un enjeu institutionnel, mais un enjeu d’identité, de survie, de frontière.


Les dirigeants cités sont pour des rétablissements de frontières internes à l’Europe.
Est-ce un facteur de division ?

Les frontières intérieures complètent les frontières extérieures. Elles ne sont pas incompatibles. Il faut distinguer deux choses. Des frontières intérieures peuvent laisser passer ce qui est bon et les frontières extérieures doivent être radicalement fermées à l’invasion migratoire d’Afrique ou du monde musulman.

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