a décidé de “renoncer à [son] mandat de député et de [se] consacrer à la ville de Meaux”. Il le regrette, mais se pliera à la loi de non-cumul.

En 2007, le Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation de la vie politique, présidé par Édouard Balladur, avait déjà avancé cette interdiction, mais elle ne fut pas adoptée sous le mandat de .

En novembre 2012, elle est de nouveau portée par Lionel Jospin, à la tête de la Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique : après bien des débats, on aboutit au vote d’une loi, promulguée en février 2014.

De nombreux parlementaires s’inquiètent des nouvelles règles, qui devraient s’appliquer à la prochaine législature. Toujours avec le même argument, énoncé par Jean-François Copé : “L’interdiction du cumul va couper définitivement les parlementaires des enjeux pourtant essentiels du quotidien des gens.”

En 2012, 476 députés sur 577 (82 %) et 267 sénateurs sur 348 (77 %) exerçaient au moins une autre fonction élective : ainsi, 45 % des députés et 48 % des sénateurs étaient soit maire, soit président de conseil général, soit président de conseil régional (source : vie-publique.fr).

Officiellement, il s’agit, compte tenu de l’accroissement de la charge de travail des parlementaires, d’accroître leur disponibilité et de renforcer le poids et le crédit du Parlement. D’aucuns proposent même une limitation des mandats dans le temps, afin de favoriser le renouvellement et le rajeunissement de la classe politique.

Force est pourtant de constater que, dans la situation actuelle, l’activité d’un député ou d’un sénateur n’est pas nécessairement en rapport avec le nombre de ses mandats. Jean-François Copé lui-même semble pouvoir cumuler ses charges de député et de maire de Meaux à la satisfaction de tous.

Selon sa « déclaration d’intérêts et d’activités adressée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », il trouvait même le temps de fournir quelques prestations d’avocat. On apprend, dans la même déclaration, qu’un membre de sa famille est sa « collaboratrice parlementaire » : que n’eût-on entendu dans les médias si, d’aventure, il avait emporté la primaire de la droite ?

À y regarder de près, les élus les plus assidus ne sont pas forcément les plus compétents : ceux qui se font plus rares peuvent effectuer des interventions brillantes et décisives. De même, il arrive que le plus discret soit, sans s’en vanter, plus efficace qu’un autre qui parade et se fait applaudir. Il faut donc chercher ailleurs les raisons du manque de crédit dont pâtirait la fonction parlementaire.

Trop souvent, les Français ne se sentent pas représentés. Il conviendrait, sans doute, d’instaurer une certaine dose de proportionnelle pour que tous les courants politiques qui ont quelque influence puissent avoir des élus. Ce que promettent régulièrement des candidats à l’élection présidentielle, mais qu’ils ne mettent jamais en œuvre, cet engagement ne pouvant être tenu qu’au mandat suivant.

Finalement, c’est moins le statut du parlementaire qui pose problème que le fonctionnement même des institutions et de la démocratie. Quelques candidats à la présidentielle, quoi qu’on pense par ailleurs de leur programme, en ont conscience et font des propositions. Ainsi, , avec le principe de révocation, ou , avec la création du référendum d’initiative populaire. Mais il paraît que ce sont des populistes qu’il ne faut pas prendre au sérieux.

Jean-François Copé estime que “quel que soit le résultat de la présidentielle, une page se tourne. La droite française devra repenser son contenu idéologique et son organisation.” Il serait opportun que la classe politique dans son ensemble s’aperçoive, elle aussi, que « les temps ont changé ».

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