Mardi se tenait, à la Sorbonne, sous la houlette de Jean-Michel Blanquer, le « séminaire national annuel des coordonnateurs des équipes académiques “Valeurs de la République” ». En langage vernaculaire, une énième rencontre autour de la laïcité, mot-valise et notion aléatoire sur la définition de laquelle il n’y a pas moyen de s’accorder…

J’aimerais dire que le constat est unanimement partagé mais, hélas, ça renâcle toujours à gauche. L’évidence est pourtant là, dans les chiffres remontés par « les référents laïcité » de chaque académie : les faits sont de plus en plus précoces et la majorité des cas sont liés à l’islamisme. Comme le confie au Parisien Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale et auteur – en 2004 ! – d’un rapport sur les contestations de la laïcité en classe, rapport aussitôt enterré par François Fillon : si les chiffres qui remontent au ministère paraissent faibles, c’est parce que « plus du tiers des enseignants ont déclaré s’être déjà autocensurés “pour éviter des incidents”. En zone d’éducation prioritaire, ils sont même majoritaires avec 54 % ! Une bonne partie des faits passe ainsi sous les radars. »

Les choses bougent, et pas dans le bon sens ! Ainsi, il apparaît, aujourd’hui, que le primaire est très largement concerné, avec plus d’un tiers des signalements. Premières visées : les petites filles. C’est une évidence pour tous les acteurs de l’Éducation nationale, même si « aucune statistique officielle n’est cependant disponible pour mesurer l’ampleur d’un phénomène qui est double », écrit le journal L’Opinion dans un long article consacré au sujet. Victimes d’une culture entretenue par des mères qui ne remettent pas en cause leur soumission, « soit les petites filles ne sont jamais scolarisées, soit, après quelques années, elles sont retirées de l’école ». Au mieux, c’est-à-dire au pire, elles sont « scolarisées » dans des écoles clandestines, telles celles découvertes la semaine passée à Bobigny et la semaine précédente à Sevran. On y accueillait « des petites filles de trois ans entièrement voilées », ce qui, soit dit en passant, est une totale ineptie au regard de la religion musulmane.

Jean-Louis Auduc, ancien directeur de l’IUFM de l’académie de Créteil, explique à L’Opinion le fossé culturel qui s’est creusé, favorisé par la lâcheté des gouvernements qui, depuis des décennies, ferment les yeux : « L’école ne joue plus le rôle d’émancipation qu’elle a eu pour les premières générations d’immigrés. Même dans des familles maghrébines où pourtant les mères ont bien réussi à l’école, le recul est important mais il l’est plus encore dans les familles originaires d’Afrique subsaharienne. » Au cœur du problème, le décrochage des garçons entretenus dans leur toute-puissance. « Les filles réussissent mieux, poursuit Jean-Louis Auduc, c’est un fait. […] Or, cette réussite des filles est souvent vue comme dangereuse, mettant en cause la virilité des frères et la position des pères. C’est terrible à dire mais un père musulman peut avoir honte du succès de sa fille. D’où la tentation de ne pas les scolariser ou de leur faire quitter l’école, ce qui est plus difficile car ados, les filles se rebiffent et leurs amies ou le collège les protègent. » La crise sanitaire a dramatiquement accentué cette entreprise d’enfermement, multipliant ces filles « cloîtrées chez elles, sous la surveillance des grands frères ».

Jean-Louis Auduc le rappelle : « Il y a trois ou quatre ans, la propagande de Daech avait visé la France, pays “où les filles deviennent juge, médecin ou professeur”, et avait promis que l’islam allait rétablir la place des garçons. »

Si l’on peut louer, aujourd’hui, la lucidité de ce monsieur, on est toutefois tenté de lui demander ce qu’il a fait, lui, depuis son poste éminent de formateur, pour enrayer la catastrophe annoncée…

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