Intrusion violente à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière : il n’y a donc plus aucun tabou ?

Ce mercredi 1er mai n’aura été qu’un samedi de plus dans la litanie de nos jours désormais rythmés par les manifs et les casseurs qui mettent systématiquement du noir parmi les gilets jaunes, voire roses ou rouges… Les Fregoli sont là pour en découdre avec « le grand capital » et c’est à eux, sans doute, qu’on doit le slogan « CRS = DAESH » tagué sur la façade d’une banque, histoire de rajeunir le très éculé CRS = SS qui, depuis cinquante ans qu’on le serine, n’émeut plus personne.

Sur le parcours, un gilet jaune, trémolos dans la voix, a lancé au micro : « Nous sommes de la chair à canon ! » Un peu de modestie, jeune homme ! Dieu merci, le dernier poilu a rendu son âme à Dieu et l’on se réjouit que les combattants des dernières guerres soient, eu égard à leur grand âge, devenus un peu sourds… Cela leur aura au moins évité d’entendre de telles énormités.

Mais ce qui occupe l’actualité, en cette matinée du 2 mai, c’est la scandaleuse intrusion d’une trentaine de manifestants dans l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une « attaque » qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques si les personnels du service de réanimation dont on forçait la porte n’avaient pas fait corps pour empêcher l’entrée de la horde.

Il faut avoir fréquenté ces services pour imaginer leur angoisse. Des services où la vie de chaque patient est suspendue à des machines, où la famille doit montrer patte blanche et respecter des précautions d’hygiène absolument drastiques avant de pouvoir approcher un malade, où l’on n’entre qu’à pas feutrés et surtout pas en nombre !

La directrice de l’hôpital, Marie-Anne Ruder, l’a dit sur France Inter et confirmé, ce jeudi, sur RTL : « Lorsque je suis arrivée, la grille était forcée, la chaîne avait cédé et des dizaines de personnes étaient en train d’entrer dans l’enceinte de l’hôpital » et « dans le profil de ces personnes, il y avait des manifestants en civil, des manifestants qui portaient un gilet jaune et des personnes dont le visage était en partie camouflé ».

La polémique s’installant et les médias bien-pensants laissant entendre que ces personnes fuyaient les violences policières, Marie-Anne Ruder l’assure : « La discussion n’était pas possible, il y avait des gestes violents et menaçants » et c’est bien volontairement que ces personnes ont tenté l’intrusion. « Située au niveau du portail de l’établissement, j’avais une vision sur une des entrées du service de réanimation et, donc, j’ai pu constater que plusieurs dizaines de personnes ont tenté de forcer la porte du service », dit-elle.

Sur la foi des images de la vidéosurveillance, le directeur de l’APHP Martin Hirsch confirme : ces personnes « se sont précipitées en montant un escalier, en passant une passerelle vers le service de réanimation chirurgicale » et ont tenté d’en forcer la porte « alors que s’interposaient des infirmières, un interne […] qui tenaient la porte avec toute la force qu’ils pouvaient avoir en criant “attention, ici, il y a des patients” ».

Déjà, certains excusent : ces pauvres gens fuyaient les « CRS-Daesh »…

Désolée, mais je ne marche pas. Je ne marche pas parce que, d’année en année et de revendications en conflits, il n’est plus une manifestation qui se déroule sans heurts.
Faut-il rappeler que, sans cesse, des écoles sont saccagées, des casernes de pompiers, des commissariats, des cabinets médicaux ? Rappeler, par exemple, que l’hôpital Necker-Enfants malades a été vandalisé, le 14 juin 2016, lors des manifestations contre la loi Travail ?

Cela démontre au moins une chose : il n’y a plus aucun tabou dans le déchaînement. Aucun lieu ni, pire encore, aucun moment de nos vies n’est plus sanctuarisé. On se dit alors que, demain, puisque l’on est capable de vouloir forcer un service de réanimation, on peut tout aussi bien faire irruption dans une cérémonie de mariage ou des obsèques pour se livrer au saccage d’une église… La Révolution de 1789, adulée par certains, n’a pas fait autre chose.

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