[INFO BV] Référent EVARS condamné pour pédocriminalité : Anne Sicard sonne l’alerte

La condamnation du référent n'avait pas été inscrite au fichier des délinquants sexuels, confirme le ministère.
Capture d'écran LCP

Une réponse du ministère de l’Éducation nationale, interpellé par la députée Anne Sicard quant au recrutement d’un référent EVARS, condamné par le passé pour détention d’images pédopornographiques, prouve que ce dernier n’était pas inscrit au fichier des délinquants sexuels. La parlementaire Identité Libertés dénonce « une forme de légèreté » et appelle à un « renforcement de l’arsenal judiciaire » pour protéger les enfants.

L’affaire remonte au mois de septembre. À peine nommé par l’académie de Montpellier référent à l’éducation affective et sexuelle dans le cadre du programme EVARS, un conseiller pédagogique est suspendu en Lozère. Une décision prise par la rectrice sous l’effet de la polémique, après que Mediapart a révélé que l’homme recruté, un ancien directeur d’école, avait été condamné à de la prison avec sursis en 2011 pour détention d’images pédopornographique. Une peine complémentaire d’interdiction de contact avec des mineurs avait aussi été prévue.

Comment un tel recrutement a-t-il pu s’opérer ? Quelques jours après ces révélations, Anne Sicard s’indigne en commission des affaires culturelles à l’Assemblée lors d’une table ronde avec les représentants syndicaux des enseignants : « Si la presse a mis au jour une telle défaillance de l’Éducation nationale, combien de prédateurs sexuels sont déjà passés entre les mailles du filet et sont actuellement au contact de nos enfants ? »

« Il y a un flou dans la réponse du ministère »

La députée du Val-d’Oise interpelle aussi le ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, le 23 septembre, afin de s’assurer que les intervenants du programme EVARS font l’objet d’un contrôle préalable via les consultations du casier judiciaire et du FIJAISV, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles. « [Je] souhaite connaître les mesures prises pour empêcher que des prédateurs sexuels, déjà connus des services de police et de justice, soient nommés à des fonctions aussi sensibles, écrit la parlementaire. Dans l'attente d'une clarification salutaire, [je vous] demande en outre de suspendre immédiatement le programme Evars. »

Dans sa réponse du 31 mars, le ministère de l’Éducation nationale confirme que « les antécédents judiciaires » sont automatiquement vérifiés pour « tous les lauréats du concours » et « avant tout recrutement de personnels contractuels ». L’administration précise que toute inscription au FIJAISV est rédhibitoire. « S'agissant du conseiller pédagogique de Lozère, la condamnation de l'intéressé n'a pas été inscrite au bulletin B2 de son casier judiciaire et il ne figure pas au FIJAISV. » « Il y a un flou dans la réponse du ministère, constate, auprès de BV, Anne Sicard. A priori, on ne sait pas si le référent EVARS a fait l’objet d’un contrôle particulier avant son recrutement. » Il est en effet possible qu’aucune vérification n’ait été faite en amont, puisque l’homme en question appartenait déjà à l’Éducation nationale lorsqu’il fut nommé référent EVARS. Le ministère note seulement que « ponctuellement, des vérifications [sont effectuées] en cours de carrière sur des titulaires en poste ».

« Nous sommes d’accord avec les propositions de la commission d’enquête Bétharram, avec le fait d’exiger tous les trois ans pour tous les personnels et professeurs, tous ceux qui sont en contact avec les enfants, qui sont en charge de contenus pédagogiques, de présenter une attestation d’honorabilité, précise l’entourage de la parlementaire. Un document dans lequel il pourrait être vérifié que la personne ne figure pas une inscription ni au casier B2, ni au FIJAIS. »

L'inscription au FIJAIS non automatique

Mais cette réponse du ministère démontre que les condamnations pour pédocriminalité n’entraînent pas automatiquement une inscription au B2 ou au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, sur décision du juge. En effet, en matière de délits sexuels, l'inscription d’une condamnation au FIJAIS est automatique si la peine maximale encourue est supérieure à cinq ans d'emprisonnement ; en dessous de ce seuil, cette inscription est facultative et dépend de la décision du juge. « Il y a une insuffisance manifeste de la loi, il faut la modifier car ce sont des condamnations qui concernent les enfants », explique Anne Sicard. « Il faut que le principe de la non-inscription au fichier des délinquants sexuels des personnes condamnées soit une exception motivée par le juge », explique son entourage.

« Il doit y avoir une vigilance particulière, plaide la députée du Val-d’Oise, c’est la protection des enfants qui est la plus importante, ce sont les plus vulnérables ; dans le doute, c’est la protection des enfants qui doit primer. » En l’état du droit, cette affaire est la preuve, pour la parlementaire patriote, que le FIJAIS n’est pas le document le plus fiable pour s’assurer d’un bon recrutement quant au personnel devant être au contact des enfants, ou impliqué dans une matière aussi sensible que l’éducation à la vie affective et sexuelle.

Face à une telle situation, Anne Sicard veut réfléchir à de prochaines propositions : « Il faut qu’on regarde ça avec une acuité particulière. »

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

23 commentaires

  1. La présidente du Planning familial demande une réponse structurée au niveau européen concernant l’EVAR(S) avec un rapport inédit de 2026 qui propose en ce sens aux institutions européennes
    22 recommandations stratégiques :
    « Dans le contexte de montée des extrêmes et d’attaques contre la démocratie européenne, l’éducation complète à la sexualité, par sa visée émancipatrice et égalitaire, est devenue un ennemi à abattre pour les groupes réactionnaires : la protéger est notre responsabilité. » conclut le rapport.
    La suppression de l’EVAR(S) en France, nommée d’ailleurs éducation sexuelle
    « complète » (?), n’est pas pour demain si la demande des associations militantes aboutit !
    Aussi faut-il qu’une majorité de parents manifestent leur désaccord quant à la mainmise de l’Education nationale sur l’éducation sexuelle « complète» de leurs enfants qui est de leur seul ressort !

  2. Il faudrait faire une recherche de tous les enseignants pour voir leur casier judiciaire en plus des EVARS

  3. Toujours à dire  » nous sommes en responsabilite » mais à la fin ni responsable, ni coupable. Tant le ministre de la justice ( loi pour obliger les inscriptions au fichier) que ministre de l education.. mais bon selon le directeur de la MAIF. C est Bardella et le RN les coupables

  4. Tout délinquant sexuel doit être inscrit au FIJAIS, il ne doit pas y avoir d’exception même décidée par le juge.
    Au demeurant à Paris on recrutait les intervenants périscolaires sans consulter le B2, une journaliste de RTL en a fait l’expérience.
    Ces trous dans la raquette confirment la légèreté avec laquellevon traite la délinquance en France.

  5. EVARS… sic. Mais comment donc ont pu faire nos aïeux pour procréer sans ces « référents » omniscients ?

  6. L’acceptation de la pédophilie par certains élites n’est pas une nouveauté, le petit peuple admiratif de ces personnages ne s’en sont pas inquiétés, voilà le résultat.
    Il existe dans la moralité des événements qui doivent être étouffé depuis le commencement.

  7. Un vaste sujet !
    Commission d’enquête parlementaire sur l’EVARS ? On risque de grosses surprises.

  8. Quand une institution comme l’Éducation Nationale montre des failles aussi graves dans le filtrage des personnes en contact avec les enfants (pédopornographie, mais aussi d’autres affaires récurrentes d’enseignants mis en cause), Trop c’est trop.
    Quand l’État est faible, clientéliste ou idéologisé, confier l’éducation sexuelle et affective de nos petits à une machine qui n’arrive même pas à filtrer un auteur d’infractions sexuelles condamné, c’est profondément inquiétant, c’est les exposer à des dangers graves.

  9. Quel avenir pour un pays capable de dilapider des milliards d’euros pour protéger des prétendus mineurs étrangers et incapable de protéger ses propres enfants. Il suffit de voir ce qui se passe dans le péri scolaire de notre capitale ! Et tous ces gauchistes qui ne cachaient même pas leur attirance criminelle pour les enfants. Ces déviances n’ont d’ailleurs jamais nuit à leur carrière. Au contraire, ces monstres vivent toujours, à 80 ans passés, aux crochets des contribuables spoliés. Et combien d’enseignants ayant eu des relations sexuelles avec des mineurs vivent grassement en toute impunité ? Bien sûr, cela est principalement le cas pour ceux qui ont sévi dans le service public, les cathos on ne les loupe pas et c’est bien normal. Ce qui n’est pas normal, c’est toujours ce 2 poids 2 mesures, le privilège rouge comme dirait notre ami Goldanel.

  10. Elisabeth borne n’a pas fait son travail. EVARS c’est sa chose. A supprimer le plus vite possible. On ne va pas encore payer des gens à polluer nos enfants.

  11. Les enquêtes PISA renouvellent à chaque parution l’aggravation du déclassement de l’enseignement en France et l’inculture crasse de la majorité des élèves qui sortent du lycée. Les grands patrons, entre autres, s’inquiètent de l’effondrement abyssal du niveau en mathématiques qui menace à la fois les capacités de raisonnement,
    l’accès à des formations supérieures indispensables pour former des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens. Toutes ces évidences devraient orienter l’école vers les fondations du savoir : lire, écrire, compter. Ainsi un nombre maximum d’élèves pourraient bâtir les trois piliers du raisonnement : le langage (vocabulaire, grammaire, syntaxe), les mathématiques (raisonnement logique, rigueur), l’histoire (que nous apprend-elle des erreurs et succès du passé pour guider nos décisions du présent qui engagent notre avenir). Mais non, en France on considère qu’il est plus opportun de parler de fellation à un élève du primaire plutôt que lui apprendre le français, l’histoire, les mathématiques. Le génie politique des Français, qui par leur vote, organisent la lente agonie d’une civilisation qui éclatait le monde et l’humanité entière reste pour moi une énigme sidérante.

  12. Rendre les informations et inscriptions obligatoires des infractions. Dans tous les fichiers et de durée illimitée.
    Sans compter sur les avis des juges , qui sont partiaux .

  13. « Comment un tel recrutement a-t-il pu s’opérer ? Quelques jours après ces révélations, Anne Sicard s’indigne en commission de Affaires culturelles à l’Assemblée lors d’une table ronde avec les représentants syndicaux des enseignants : « Si la presse a mis au jour une telle défaillance de l’Education nationale, combien de prédateurs sexuels sont déjà passés entre les mailles du filet et sont actuellement au contact de nos enfants ? »
    LA VRAIE question : comment des « pédagogues » ont pu pondre un programme comme EVARS et l’imposer dans le programme de l’Education Nationale ! …
    La décadence en marche ! …

    • Que l’on ait pu imaginer, ne serait-ce que quelques secondes, que ce « programme » dingue devait être inclus dans le contenu de l’éducation nationale, me laisse penser, depuis un bon moment déjà, que cela n’a pu être possible que grâce au travail acharné de lobbies ; et je me doute bien de quels lobbies il s’agit…..Des portes de prison devraient se refermer sur un certain nombre de personnes (et on devrait jeter la clef).

      • les « parcours individuels » de quelques membres des « gouverne et ments » de la macronie ont été très facilitants dans les choix « pédagogiques » qu’ils ont voulus imposer dans ce ministère de l’Education Nationale ! …
        ET en même temps jusqu’à plus haut de la hiérarchie de ce système macroniste ! …
        un exemple de ce délire : les fêtes organisées dans les ors des « écuries d’Augias » …

    • Effectivement, je partage votre avis, il y a même 2 vraies questions :
      1) « comment des « pédagogues » ont pu pondre un programme comme EVARS et l’imposer dans le programme de l’Education Nationale ! … » ?
      2) « Je] souhaite connaître les mesures prises pour empêcher que des prédateurs sexuels, déjà connus des services de police et de justice, soient nommés à des fonctions aussi sensibles, écrit la parlementaire ». Et ceux qui ne sont pas encore connus de ces services, qui passent à travers les mailles du filet, qui sont déjà au contact des enfants, on fait quoi pour les empêcher de nuire avant que le mal soit déjà fait ?
      Ce programme est un scandale à tout point de vue !

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