Immigration : le grand malaise macroniste sur les hubs retour

Après Macron et Barrot, Gabriel Attal enterre à son tour le dispositif européen avant même sa mise en œuvre.
Copie écran ©LCI
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Les déclarations de Gabriel Attal, lundi soir, sur LCI, n'ont rien d'un dérapage isolé. En qualifiant les futurs hubs retour de « camps », en mettant en doute leur efficacité et leur coût, le président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale s'inscrit dans une ligne désormais clairement assumée par l'exécutif.

Quelques jours auparavant, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait déjà indiqué que la France n'utiliserait pas ce nouvel outil prévu par le règlement européen sur les retours. Emmanuel Macron lui-même avait balayé le dispositif, estimant qu'il ne correspondait pas à « notre Europe ». Trois prises de position qui dessinent une doctrine : la France ne veut pas des hubs retour, pourtant adoptés par une majorité du Parlement européen.

Cette position isole d'ailleurs davantage Paris qu'elle ne rassemble. Le règlement a été soutenu non seulement par le Parti populaire européen et la droite souverainiste, mais également par plusieurs délégations sociales-démocrates. À l'inverse, Renaissance s'est retrouvée objectivement sur une ligne proche de celle défendue par les écologistes, les socialistes français et La France insoumise, qui dénoncent depuis des semaines une « ignominie » et assimilent ces centres à des « camps ».

Un dispositif jugé inefficace... avant même d'avoir existé

L'argument le plus contesté de Gabriel Attal reste celui de l'efficacité. Selon lui, ces hubs retour ne fonctionneraient pas. Une affirmation qui fait bondir ses opposants, puisque le dispositif n'a encore jamais été expérimenté dans le cadre juridique prévu par le nouveau règlement européen.

« Les centres de retour auraient échoué... alors qu'aucun n'est encore ouvert », ironise, ainsi, l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy, sur X. Selon lui, Gabriel Attal « invente une panoplie de raisons absurdes » pour justifier le vote négatif des élus Renaissance. Bellamy pousse même la charge plus loin : si les macronistes estiment que ces centres portent atteinte aux droits fondamentaux, « ils se placent à la gauche de beaucoup de socialistes européens ».

L'Italie empêchée par les juges

Les défenseurs du règlement rappellent que les seules expériences invoquées par Gabriel Attal n'ont jamais pu aller à leur terme. L'exemple italien est révélateur. Le gouvernement de Giorgia Meloni avait conclu un accord avec l'Albanie afin d'y transférer certains migrants en attente de retour. Mais le dispositif a été suspendu non pour des raisons d'efficacité, mais à la suite de décisions de justice fondées sur le droit européen alors applicable. Le nouveau règlement a précisément été conçu pour lever ces obstacles juridiques.

« C'est une hypocrisie pas possible », réagit, auprès de Boulevard Voltaire, le député UDR Matthieu Bloch. « Ça ne fonctionne pas parce que le juge a interdit que cela se fasse. Là, on change justement la règle européenne, et Gabriel Attal explique malgré tout que cela ne marche pas. » Même constat au Royaume-Uni, où le projet de transfert des demandeurs d'asile vers le Rwanda a été bloqué pendant des mois par les juridictions, avant d'être abandonné par le gouvernement travailliste.

Une fracture politique qui s'élargit

Pour le Rassemblement national, les propos de Gabriel Attal ne font que confirmer la continuité du macronisme en matière migratoire. « Gabriel Attal est dans la communication politique uniquement », estime Julien Limongi, auprès de Boulevard Voltaire. Selon le député RN de Seine-et-Marne, l'ancien Premier ministre « n'a jamais porté un discours consistant à réduire l'immigration » lorsqu'il était à Matignon, si bien que « les Français ne seront pas dupes de cette position ».

Au-delà de la polémique, une ligne de fracture apparaît de plus en plus nettement. D'un côté, une majorité d'États européens cherchent à durcir la politique de retour des étrangers en situation irrégulière. De l'autre, l'exécutif français continue de contester l'un des principaux outils imaginés par Bruxelles pour accélérer les expulsions. Une position qui vaut désormais à Gabriel Attal les applaudissements de la gauche... et les critiques de la droite comme d'une partie de ses partenaires européens.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

57 commentaires

  1. Attal broie du noir dans cette affaire. Ça doit l’empêcher de dormir. L’immigration massive est devenue un fléau et tous ces idiots de la politique française en veulent encore plus. Macron et son Europe mitigée nous gavent. Le rétablissement des frontières est une nécessité absolue avec création d’un ministère de la Remigration.

  2. Au moins, cette affaire aura eu l’avantage de faire tomber les masques … Si vous choisissez ce genre d’individus l’année prochaine, ce sera 5 ans de plus de perdus à nous saigner de taxes et d’impôts pour financer toute la misère du monde qui rapplique sur notre sol.

  3. Les Macronnistes feraient le jeu de LFI? Un accord de gouvernement entre ces deux partis ne serait pas idiot tant ils sont proches politiquement..

  4. Avec Macron le frexit est en marche. La France ne peut plus suivre une union Europe qui bascule vers l’extrême droite. Un hub c’est pas français. Ça veut dire un camp de concentration de migrants en bruxellois ?

  5. La macronie a un gros malaise avec l’immigration. Elle était en pointe lorsque Bruxelles était immigrationniste. Maintenant que l’UE semble avoir compris l’ampleur de la submersion migratoire, la macronie est en queue de peloton.
    Un président qui n’a pas eu d’enfants ne peut pas savoir ce qu’est l’angoisse de leur avenir !

    • Vous semblez ne pas comprendre que l’UE ne sera JAMAIS contre l’immigration ! …
      Ce n’est pas quelques pays qui « basculent » à droite qui vont faire changer ce qui se passe depuis des décennies ! …
      Cette « UE » veut juste absorber le mouvement en « faisant croire » … « CA » s’appelle « taqiya » !
      FREXIT de toute urgence car l’UE ne changera pas …

  6. Cela n’étonnera que ceux qui n’ont pas encore réalisé que la gauche la plus progressiste est au pouvoir en France depuis plus de neuf ans avec Macron et ses complices d’extrême gauche.

    • Attal est considéré comme un candidat de droite ( centre droit). La gauche espère l’alternance en 2027. Beaucoup de français espèrent revenir à une politique de gauche avec une semaine de congé supplémentaire ( climatique) et une réduction de l’âge de la retraite ( d’autant qu’il fait trop chaud pour travailler et que maintenant on sait mieux comment bien se confiner chez soi)

  7. Ce n’est pas un hasard si m. Attal a fait la propagande de campagne pour lfi aux législatives. CQFD.

  8. Ah ces humanistes ;ne croyez pas qu’ils se passeront de leurs esclaves sous-payés, exploités et qui vivent dans des conditions indignes. Les démocrates (de LFI aux LR) sont devenus des néo-colons.

    • Il n’y a que le RN qui est contre la colonisation et veut renvoyer les algériens en Algérie. Vive l’Algérie algérienne, le Québec libre et la France libre. Frexit et tout ira bien.

  9. Afrique du Sud : des milliers de personnes dans la rue pour demander le départ des sans-papiers .
    Déjà 100.000 explusés.
    Rappelons que le Pakistan a expluser en mai dernier plus de 300.000 Afgans

      • Après « la politique de la Ville » voici venir « la rénovation des campagnes » ? ! …
        Gardez vos « chances pour la France » au canal St Martin ! …
        Ceci dit, le « douanier » ne serait pas longtemps « sans filtres » longtemps car un bon chien de garde le ferait courir un peu plus que les FDO ! …

  10. Attal est encore plus creux que son mentor, c’est même incroyable qu’on puisse le présenter comme un éventuel candidat !

  11. Enfin tout cela est cohérent, Macron Attal Philippe et les autres ont démontré depuis longtemps leur goût pour une immigration de masse, bon ca
    N’empêchera pas que le français moyen réponde ok pour les petits arrangements à la con dont parle Karine le Marchand.

    • C’est très cohérent. Macron est un menteur qui se dit européen, mais en réalité fait passer les « valeurs de la République « avant la politique migratoire européenne.
      Seule l’Europe pourra sauver la France endettée jusqu’au menton et nageant dans la mondialisation enchaînée à son empire colonial.

      • « Ironie » ! … je l’espère ! …
        SI « non » : vous vivez où pour croire que « Seule l’Europe pourra sauver la France endettée jusqu’au menton et nageant dans la mondialisation enchaînée à son empire colonial » ? …
        En Absurdie ? ! …

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