Immigration et « politique prudentielle » !

« Diminution de la hausse », « demande dynamique », « politique prudentielle », « action volontariste », « décroissance de la baisse », « tendance haussière », « efforts sans précédent », « intégration républicaine », « volonté politique »…

Voilà une exploration succincte du champ lexical de la langue de bois en matière d’. À comprendre que ça va mieux que si c’était pire et qu’on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, compte tenu du sens du vent poussant les frêles esquifs sur les flots déchaînés qui baignent l’Europe.

Notre ministre de l’Intérieur, M. , a détaillé, mardi, les derniers chiffres officiels de l’immigration. Bonne nouvelle, la hausse est en baisse. Et vice versa.

Concrètement, les demandes d’asile continuent d’augmenter : 132.614 dossiers enregistrés à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en 2019, contre 123.625 en 2018, soit une hausse de 7,3 %, quand elle était de 20 %, l’an passé.

Populations en tête pour la demande d’asile en France, affluent chez nous des personnes en provenance de Géorgie et d’Albanie, pays pourtant considérés comme « sûrs ». Ce que ne disent pas les chiffres, c’est que les demandeurs en question sont souvent des mafieux. Ainsi, en juillet 2017, le fraîchement nommé ministre de l’Intérieur Gérard Collomb s’alarmait, devant l’Assemblée nationale, de ce que notre pays concentre 75 % de la demande albanaise en Europe… bien loin devant le Soudan, l’Afghanistan ou la Syrie. Il paraît que l’on trouve, aujourd’hui, des Albanais en nombre à Calais, Douvres et même Roscoff. Ils cherchent à gagner la Grande-Bretagne où un nouveau business les attend : ils règnent, désormais, à Londres sur le marché de la cocaïne. Peut-être le Brexit va-t-il changer un peu la donne…

Au total, détaille L’Opinion, « 36.500 personnes ont reçu la protection internationale ; quelque 96.000 en ont été déboutées. En outre, sur 39.600 demandeurs d’asile Dublin (dont le dossier doit être examiné dans le premier pays d’arrivée en Europe), la plupart restent en France… Ainsi, plus de 100.000 personnes entrées via la procédure d’asile n’obtiennent pas le statut de réfugié. » Et que deviennent-elles, alors ? Là est toute la question.

Le gouvernement actuel, il faut le reconnaître, a mis un coup de pression sur nos chers voisins du Maghreb pour qu’ils veuillent bien récupérer leurs ressortissants frappés d’une mesure d’éloignement. Le chantage aux visas (puisque c’est de cela qu’il s’agit) a, en partie, payé puisque 2019 marque « une hausse très sensible des éloignements d’étrangers en séjour irrégulier, avec une augmentation de 19 % par rapport à l’année 2018. S’agissant des éloignements forcés, la progression est proche de 50 % par rapport à 2016. »

La chose n’est pas simple… Si l’on en croit un rapport parlementaire de la mission immigration de juin dernier, la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière en France a coûté 500 millions d’euros à l’État, en 2018, qu’il s’agisse de retours aidés, c’est-à-dire consentis et accompagnés d’une aide financière, ou d’éloignements forcés, quand la personne est reconduite par des policiers ou des gendarmes. Les expulsions sont les plus onéreuses, avec un coût moyen de 13.800 euros par personne. Une bagatelle…

Enfin, le gouvernement met en avant l’entrée en vigueur d’une cinquantaine de mesures « portant une rénovation ambitieuse de l’intégration en France ». Au menu : « doublement des heures de langue et d’éducation civique, création d’un module spécifique de 600 heures pour les non-lecteurs et non-scripteurs dans la langue d’origine » (comprenez déjà illettrés dans leur pays, ce qui ne laisse pas augurer du plein emploi chez nous…) ou encore « la mise en place d’un volet relatif à l’insertion professionnelle ». Soit une augmentation de plus de 50 % de la dépense consacrée à l’intégration, qui passe ainsi de 100 à 155 millions d’euros.

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