Il faut sauver l’enseignement des langues anciennes au lycée !
Permettez-moi de donner mon avis d'ancien professeur sur une « Lettre ouverte au ministre de l'Éducation nationale pour le rétablissement des points bonus du latin et du grec au baccalauréat ». Parmi les premiers signataires figurent, notamment, des membres de l'Académie française, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, des universitaires, des écrivains, des journalistes, des artistes et des enseignants engagés en faveur de la transmission des humanités.
Jusqu'en 2020, avant la réforme du baccalauréat, l'option facultative de langue ancienne rapportait des points bonus calculés d'une manière avantageuse : seuls comptaient les points au-dessus de 10/20, affectés du coefficient 3 ; ajoutés au total des notes, ils permettaient notamment d'obtenir une mention. C'était une manière, d'une part, de récompenser les élèves qui avaient fait l'effort de poursuivre au lycée l'étude du latin ou du grec, d'autre part, de promouvoir une option fragilisée par des effectifs insuffisants. Avec la réforme Blanquer, son poids s'est dilué dans le contrôle continu et est devenu insignifiant.
Pourquoi, diront les sceptiques, privilégier des langues mortes plutôt que d'autres disciplines, apparemment plus utiles ? Le texte de la pétition, que je vous invite à lire intégralement, en résume les principales raisons : « L’enjeu dépasse largement la question des effectifs : les humanités ne forment pas seulement de bons élèves ; elles forment des citoyens éclairés […]. Les humanités développent la rigueur intellectuelle, l’attention aux textes et le goût de la nuance : qualités plus nécessaires que jamais à l'ère de l'immédiateté informationnelle […]. Les humanités constituent une école du discernement. Elles permettent de former des esprits libres, capables de penser par eux-mêmes et de participer pleinement à la vie démocratique. »
Des bienfaits ignorés
Tout est dit, ou presque, sur les bienfaits intellectuels de l'étude des langues anciennes, que les plus âgés de nos lecteurs ont pu connaître, dès la sixième pour le latin, à partir de la quatrième pour le grec. Tout cela a disparu avec la réforme Berthoin de 1959, qui préludait à la réforme du collège unique de 1975. Les langues anciennes étaient considérées, idéologiquement, comme discriminatoires, un facteur de sélection, financièrement, comme un « luxe » dont on pouvait se passer. C'est ainsi que les gouvernements, de gauche comme de droite, ont laissé dépérir leur étude.
Le latin subsiste encore un peu au collège et disparaît progressivement au lycée. Ne parlons pas du grec, qui devient la perle rare. Le résultat, c'est que non seulement les élèves latinistes ou hellénistes sont de moins en moins nombreux, mais le ministère, faute de vivier suffisant, n'arrive même pas, depuis des années, à pourvoir tous les postes de lettres classiques aux concours du CAPES et de l'agrégation. Il ne semble guère s'en émouvoir, comme s'il attendait patiemment la mort du latin et du grec, faute d'élèves et de professeurs, pour se débarrasser définitivement du problème.
Je vous encourage fortement à signer cette pétition, même si vous n'avez jamais eu la chance d'apprendre une de ces langues. « De tous les luxes, la culture est celui qui est le moins réservé à l’argent, le plus propre à nier et transcender toute hiérarchie sociale », écrivait la regrettée Jacqueline de Romilly. Au nom de l'égalitarisme ou de l'utilitarisme, les gouvernements de gauche comme de droite ont mis au rencart le latin et le grec, méconnaissant le bénéfice intellectuel et culturel que les élèves de tous les milieux pouvaient en tirer. À moins que, pis encore, ils n'aient estimé qu'il valait mieux, pour sauvegarder leurs intérêts, que les masses destinées aux tâches d'exécutants ne fussent pas trop cultivées.
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73 commentaires
Il n’y a que des imbeciles pour mettre au rencard les racines mêmes de notre langue et de notre civilisation.
Mais c’est voulu, ils savent qu’un pays sans histoire, sans racine est un pays sans avenir.
Latin, grec, la culture, le beau… mais ça fait vômir la gauche ça… Que deviendrait la gauche si les gens sont cultivés??? Seul les imbécilités telels langage sms, écriture inclusive, etc l’imbécilité crasse oui mais surtout pas ce qui permet aux gens de réfléchir voyons….
De nos jours les « nouveaux » français veulent apprendre l’arabe pour lire le coran , et l’anglais pour faire du commerce .
Un autre avantage à ne pas oublier dans la défense de l’étude du latin et du grec est….de permettre d’écrire en évitant les fautes d’orthographe pour la plupart dûes à l’ignorance de l’étymologie (les racines grecques et latines des mots…) Aujourd’hui même les enseignants font des fautes d’orthographe !!! C’est inacceptable.
Comme vous avez raison !
Je n’ai que quelques mots de latin à ma disposition et pourtant, bien souvent, ils m’ont permis de décortiquer des mots dont j’ignorais le sens et grâce aux racines latines, de comprendre. Concernant le grec, je découvre à 65 ans sa richesse: les grecs pour « aimer » ont trois mots différents exprimant des nuances. Ceci est particulièrement évident lors de la lecture des évangiles (par exemple) avec cette question répétée 3 fois: Pierre m’aimes-tu? Le mot aimer prenant une connotation différente au fur et à mesure. Je regrette de découvrir ces richesses si tard!
Evoquer l’intérêt d’avoir « fait ses humanités » pour la suite et la culture ou pire, les études supérieures, voire pour comprendre un peu mieux, par exemple, la terminologie médicale, étudiant en cette matière ou pas…vous n’y pensez pas !
Tout le monde sait que les termes scientifiques sont d’origine Grecque. Un médecin, un ingénieur, un physicien, etc. connait les termes de SON domaine. Pas besoin d’avoir appris le Grec ancien pour devenir médecin ou physicien !
Mais en France, on se gargarise avec la « Culture ». En fait, on perd son temps !!! La « culture » telle que les programmes de l’éducation nationale la concoivent n’est pas autre chose que de la fausse monnaie ! C’est une escroquerie intellectuelle héritée de la méphitique Ecole Normale Supérieure !
Trop tard… le français est « enseigné » n’importe comment, alors latin-grec…
S’il n’y avait que le Français qui est enseigné n’importe comment ! Pas une seule matière n’échappe aux délires qui résultent de la prise de pouvoir par les communistes de l’éducation nationale dès le Front Populaire, puis avec le plan Langevin Wallon à la Libération. Et je ne parle même pas de Mai 68 et de sa « déconstruction », ou des maths modernes qui ont traumatisé et dégoûté des générations entières de faire des maths.
En France, à l’éducation nationale, lorsqu’une méthode a fait preuve d’un échec patent, c’est à dire tout le temps, on vient, faussement penaud, expliquer que la « réforme » a été retirée. Or rien n’est plus faux. Ces gens se contrefichent de fabriquer des incultes à la chaine. Ils font semblant de corriger leurs erreurs. En fait ils se contentent de changer le nom d’une méthode pour faire croire qu’elle a été abrogée…
J’ai entendu hier le ministre de l’éducation dire qu’il avait donné des consignes pour le bac de Français. Toute copie qui sera mal écrite, avec des fautes, avec une mauvaise syntaxe et une absence de clarté dans la pensée sera saquée. Ce n’est pas le mot utilisé, mais cela voulait dire ça. Le hic, c’est que les bacheliers sont le produit « fini », ou plutôt pas fini, voire même, pas commencé, de l’éducation nationale. Ce n’est pas le jour du bac qu’il faut se préoccuper du niveau des élèves. C’est dès l’école primaire ! Si le système est mauvais, il ne fabriquera que des incultes, dans le « meilleur » des cas, voire carrément des racailles de banlieue !
Quand j’étais au Lycée en 1960, j’ai fait 6 ans de latin et 4 ans de grec ; à l’époque au Lycée Kleber à Strasbourg, il y avait 7 classes de sixième « classiques » (avec latin) et 4 classes « modernes » (sans).Mais bien sûr, on n’apprenait pas le latin pour devenir enfants de choeur. Il faut souligner qu’en primaire, on avait déjà acquis de bonnes bases en grammaire française, pour aborder assez aisément cette langue ancienne ; ce n’est plus le cas aujourd’hui. A leur arrivée en sixième, les enfants n’ont souvent vraiment plus le niveau. Pour y remédier, j’ai idée qu’on pourrait essayer d’enseigner le « latin parlé », et je regrette qu’à l’époque on ne le faisait pas comme ça ; ça nous aurait aussi permis de mieux apprécier la poésie latine très rhytmée (un peu comme le rap) ; en tous cas « parler » latin pourrait être très formateur pour l’acquisition instinctive de sa grammaire, et par contrecoup de la grammaire française.
Avec votre idée étrange de « latin parlé » vous me rappeler qu’en classe de 4ème notre prof de latin et de Français qui était un curé, mettait en oeuvre une directive du programme. Celle-ci consituait à lire le texte du manuel scolaire de latin en y mettant l’accent que les Romains auraient eu s’ils avaient lu le même texte. On appelait cela la « prononciation latine restituée ». Les ados que nous étions commentions cette idée en rigolant en disant que cela était possible grâce à l’usage des premiers magnétophones Romains ! :)
Mais bien sûr, il faut apprendre l’arabe ….!
Ben voyons !!…Rome était fascisteueu…….
D’un point de vue étymologique, Rome était fasciste. Une rapide recherche pour mémoire sur le net m’a confirmé que dans la Rome antique, les faisceaux étaient portés par des licteurs, à savoir, des officiers au service des magistrats dont ils exécutaient les sentences. Mussolini a plus tard détourné ce symbole pour montrer que sa dictature était ancrée dans le passé glorieux de l’Italie, dont lui, était bien sûr le « digne » (sic) représantant. Mussolini a donc dit que sa dictature était fasciste. Autrement dit, c’est lui et ses opposants qui ont remis ce mot au goût du jour, mais dans un contexte et avec un sens totalement différents de leur caractère originel.
yallah !
Le latin, à la rigueur. Mais le Grec…j’ai des doutes. C’est du snobisme d’enseignant.
Parfaitement d’accord.
Dans les années 80s (ma période) les professeurs n’hésitaient pas à mettre des 5 au bac alors que dans le même temps des élèves obtenaient un 18 pour avoir conjugué le verbe être en provençal en breton (après un an d’enseignement). C’était injuste ☺️. Je ne remets pas en cause bien évidemment l’utilité de ces langues qui m’ont beaucoup apporté
Où est la pétition à signer ??
Enseigner les langues anciennes est élitiste donc condamné par la médiocratie .
C’est une évidence, la question est qui les a quasi supprimées et pourquoi ? La réponse est claire : pour détruire chez les plus jeunes la compréhension des fondements de notre langue, ciment de notre société.Et qui : les adeptes de l’égalitarisme quel qu’en soient les méfaits, ces gens plus gauches qu’à gauche.
On voit le résultat
Mon fils aurait voulu que sa fille, très littéraire, fasse du latin. Eh bien, dans son collège il n’y avait pas de professeur de latin.