Armées - Editoriaux - 20 juillet 2019

Honneur à nos militaires du génie morts en Guyane

C’est au cours d’une mission assez peu connue du grand public français, la lutte contre l’orpaillage clandestin, que le sergent-chef Edgar Roellinger, le caporal-chef de 1e classe Cédric Guyot et le caporal-chef Mickaël Vandeville ont trouvé la mort, ce jeudi matin, en Guyane. Tous trois appartenaient au 19e régiment du génie basé à Besançon, dans le Doubs. Lors de la même opération, cinq de leurs camarades ont également été blessés.

Depuis 2008, l’opération « harpie » tente de protéger le parc amazonien de Guyane de l’orpaillage illégal. Principalement le fait d’individus en provenance du Brésil et du Suriname voisins, cette activité délictuelle provoque de graves atteintes à l’environnement et génère une activité criminelle très importante. Ainsi, depuis 2001, ce sont près de 160.000 hectares de forêt qui ont été détruits par ces orpailleurs illégaux qui ont, en outre, contribué à la pollution de milliers de kilomètres de rivière. Pour lutter contre ce phénomène, soldats, gendarmes, douaniers et policiers luttent au quotidien contre des criminels peu scrupuleux qui n’hésitent pas à utiliser des armes lorsqu’ils se sentent menacés. Plusieurs dizaines de ces armes ont pu être saisies lors de diverses opérations de police. C’est dans ce cadre que les soldats du 19e RG se trouvaient présents sur les lieux et qu’ils participaient à la destruction de galeries de mines illégales.

Il se trouve qu’il y a quelques semaines à peine, lors d’une journée d’étude organisée par l’association régionale de Bourgogne de l’Institut des hautes études de défense nationale, j’avais pu rendre visite aux militaires de ce prestigieux régiment. Créé en 1876 en Algérie, le 19e RG est l’héritier du génie d’Afrique et, à ce titre, dépositaire d’une histoire glorieuse et de traditions profondément enracinées. Le régiment s’est notamment illustré lors des batailles de Verdun en 1916, La Malmaison en 1917, pendant les conflits du Maroc en 1925, lors de la campagne de Tunisie en 1942-1943, en Allemagne en 1945, ainsi qu’en Afrique du Nord entre 1952 et 1962.

Fort d’une articulation combinant unités de combat et d’appui au déploiement, il détient l’ensemble des savoir-faire du génie et peut fournir un appui complet sur tout le spectre possible des engagements en opérations extérieures comme sur le territoire national. À noter que, seuls détenteurs des compétences de terrassement (avec le 25e régiment du génie de l’air), les sapeurs des compagnies d’appui au déploiement lourd (CADL) du 19e sont capables d’établir des bases, de construire des pistes, des routes ou des plates-formes en France comme en opérations extérieures.

Fort de ses deux compagnies de combat et de sa compagnie d’appui, le 19e RG est également capable d’intervenir dans toutes les spécialités : combat au contact (Afghanistan, bande sahélo-saharienne), déminage, franchissement, reconnaissance (avec ses plongeurs de combat du génie), travaux d’organisation du terrain.

Alors que la fête nationale du 14 Juillet vient à peine de s’achever, il convenait que la grande communauté de la Défense, à laquelle tout citoyen français se doit de s’identifier, rende un dernier hommage à ces soldats de l’ombre qui œuvrent au quotidien pour notre sécurité. Qu’il me soit donc permis, au nom de cette communauté, de présenter nos sincères condoléances aux familles de ces soldats, ainsi que nos vœux de prompt rétablissement aux cinq militaires blessés. Quant à leurs camarades du 19e RG, qu’ils soient assurés de notre soutien et de notre profonde reconnaissance pour le travail admirable qu’ils effectuent au service de la France.

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