Connaissez-vous la « cancel culture », ou la « call-out culture », arme idéologique des tenants de la désoccidentalisation massive made in USA pour imposer aux sociétés une démocrature globale ? Voilà un moyen éprouvé, pour les oligarques de tout poil, négateurs des patries, d’instiller au cœur des sociétés une contre-morale d’asservissement des vigueurs, de renversement des valeurs, d’assurer l’élimination des individualités mal-pensantes et d’imposer à la fourmilière humaine le virus du totalitarisme mou.

Voici qu’après avoir, pendant quatre ans, lancé ses ruades médiatiques par CNN, NBC News, Le Huffington Post ou New York Times interposés, l’âne démocrate parvient finalement à bannir et à ostraciser l’éléphant Trump, jusqu’ici bien planté sur ses pattes, après son barrissement tonitruant du 6 janvier dernier et la charge héroïque de son troupeau fidèle contre les oies grasses qui cacardaient au Capitole.

Hollywood, on le sait, n’est jamais en retard dans la aux sorcières lorsqu’elle peut rapporter. Dernier venu des chasseurs de primes médiatiques, l’acteur Macaulay Culkin ! Qui ? Macaulay Culkin, l’un des enfants stars les plus « bankables » des années 1990. Il a longtemps raté l’avion quand il était petit ; mais, la quarantaine venue, il nous prouve encore bien savoir rattraper le train en marche. Il était temps ! Après avoir plus fréquemment rempli les pages des faits divers de la toxicomanie qu’honoré les plateaux du 7e art dans les années 2000 – ne me dites-pas que vous ne vous souvenez pas de Sex and Breakfast ou je fais un malheur ! –, le Macaulay Culkin nouveau nous revient en effaceur politique.

N’allez pas imaginer dans ce retour inopiné du prodige un appât quelconque du lucre. Macaulay, sur son petit matelas flottant de 15 millions de dollars, est au-dessus de ça ! Mais de quoi s’agit-il ? Dans une scène, devenue « cultissime », de Maman, j’ai encore raté l’avion (1992), le tout jeune Macaulay Culkin, alias Kevin, perdu dans le hall de l’hôtel Plaza, demandait son chemin au propriétaire des lieux : en personne, tignasse blonde, gabardine noire et cravate rouge à rayures. Déjà !

Après que Donald Trump a été banni du réseau social sans autre forme de procès que la seule volonté du milliardaire hirsute Dorsay, un twitto du nom de Rae s’est empressé de proposer une pétition pour le remplacer numériquement, dans la scène du film, par un Macaulay Culkin de 40 ans. Après lui avoir répondu « Vendu ! » – c’est-à-dire « d’accord ! », et non pas une insulte –, Culkin a dit aussi « Bravo » pour un autre tweet contenant un montage où le président américain était définitivement gommé et remplacé par un espace vide. Voici maintenant « soldé » de tout compte Twitter et effacé par le consentement du jeune Mac, somme toute peu reconnaissant qu’il lui eût jadis indiqué la route à suivre…, mais, revenu, par cet acte d’héroïsme démocratique mémorable, dans le Top Ten du buzz ! Triste.

Triste et effrayant à la fois. Procédés qui imposent à notre souvenir ces photographies retouchées sous Staline, aux portraits disparus, des manuels d’histoire de l’âge d’or du communisme. Pour camoufler l’assassinat. En imposant une doxa du bien-penser et du bien-croire ou dire, les élites politico-médiatiques de nos démocraties ne prolongeraient-elles pas, par des moyens plus insidieux mais tout aussi néfastes, les politiques d’asservissement des individus et d’abrutissement des peuples qu’elles prétendent dénoncer dans les fascismes du siècle passé ? C’est « une sorte de continuité inavouée », écrit très justement Chantal Delsol dans La Haine du monde.

Attention, messieurs les censeurs médiatiques : ce procédé en lynchage de Trump est à double tranchant. Parfois, derrière le paria, se dresse le martyr et la soif de après lui. Quant aux bassesses d’Hollywood… autant en emporte le vent !

17 janvier 2021

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