Depuis Matignon, le Premier ministre Édouard Philippe, accompagné de plusieurs ministres, a dévoilé, ce jeudi 7 mai, les modalités de la première étape du qui débutera le 11 mai.

Réaction de Guillaume Bernard au micro de Boulevard Voltaire.

Édouard Philippe, Olivier Véran et Bruno Le Maire ont annoncé les détails du déconfinement qui va commencer ce lundi 11 mai. Les explications d’Édouard Philippe vous satisfont-elles ?

Non, pas vraiment. Je dois reconnaître que la litanie des mesures n’était pas toujours clairement exprimée à mon goût et a été plusieurs fois répétée par les ministres. Elles m’ont paru être dans la continuité de ce qu’a fait le gouvernement depuis plusieurs semaines. D’une part, ils ont donné des informations au compte-gouttes, ont annoncé les mesures par étape pour les faire plus facilement accepter et ont fait monter la dramatisation pour que cela paraisse comme étant scientifique et mûrement réfléchi. Or, on a l’impression que, depuis le début, ils naviguent.
D’autre part, ils ont ouvert le parapluie et ont mouillé les collectivités territoriales et les partenaires sociaux. Le gouvernement, qui au départ faisait semblant de tout maîtriser, a besoin de l’appui de tout le monde pour mettre en œuvre des mesures, mais surtout pour qu’il ne soit pas le seul à être pris dans la nasse si tout cela ne marchait pas.
De manière générale, je trouve que ce discours était trop long, trop précis et imprécis dans un certain nombre de choses.

Certains ont beaucoup reproché au gouvernement d’infantiliser les Français en utilisant la menace et en leur faisant peur. Pensez-vous que cette impression a découlé de cette conférence de presse ou, au contraire, le gouvernement s’adressait-il aux Français comme à des adultes ?

Il y a une infantilisation et même une matraque toujours derrière et susceptible d’être utilisée.
Si des personnes sont contaminées par le virus, il me semble que c’est essentiellement à cause de l’incurie de l’État. On sait maintenant qu’il y avait très vraisemblablement, dès le mois de décembre, des cas présents en France. Or, jusqu’au mois de mars, le gouvernement souverain avait expliqué que tout allait bien et qu’il n’y avait aucune raison de fermer les frontières. Pris par la panique, ils ont pris des mesures liberticides extrêmement drastiques. Je crois que là, il y a un jeu dans le grand écart et une volonté délibérée d’essayer de faire oublier la responsabilité du gouvernement dans cette triste affaire.

Ce déconfinement va-t-il faire oublier aux Français le début de cette crise, à savoir l’absence de masques et l’incapacité de l’État à tester les citoyens ?

Je ne sais pas si les Français l’oublieront, mais j’espère que non. Vous mettez le doigt sur deux des gros scandales des prises de paroles du président de la République, du Premier ministre et des ministres depuis ces dernières semaines. On nous annonce qu’il faudra absolument porter un masque acheté par les Français. Par ailleurs, l’État dilapide l’argent public, en particulier dans l’aide médicale d’État, plus précisément les soins hospitaliers offerts aux clandestins.
On nous annonce que des tests seront massifs. Si des tests avaient été faits précédemment, on aurait pu éviter le confinement qui va avoir des conséquences extrêmement graves sur la vie économique et sociale du pays.
Ce gouvernement essaie de montrer qu’il maîtrise, alors qu’il verse dans l’incurie depuis le début de cette affaire.

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