« Groix antifa ! », le nouveau profil de la gauche révolutionnaire ?

L'agression d'Erik Tegnér révèle en creux la composition sociologique de cette nouvelle gauche militante.
chisloup, CC BY 3.0 , via Wikimedia Commons
chisloup, CC BY 3.0 , via Wikimedia Commons

Article mis à jour le 8 août à 11h30.

Les cris résonnent dans la nuit, sur le port de l'île morbihannaise, « Groix antifa ! » Il est près de deux heures du matin lorsqu'Erik Tegnér pousse la porte du bar où il vient de passer la soirée avec trois amis. Dehors, une quinzaine de personnes l'attendent déjà. En quelques minutes, la foule grossit. « Nazi ! », « On va te défoncer ! », scandent plusieurs individus qui l'encerclent. Selon le directeur de la rédaction de Frontières, près de 150 personnes finiront par participer à l'attroupement. Pendant une trentaine de minutes, il affirme avoir été insulté, bousculé, aspergé de bière, repoussé vers le port avant de devoir s'exfiltrer à bord d'une embarcation. Quelques heures plus tard, il dépose plainte auprès de la gendarmerie. Selon lui, le chiffre de 150 personnes lui a été confirmé par les gendarmes après consultation des images de vidéosurveillance.

« Quand on est sortis, ils m'attendaient », raconte-t-il à Boulevard Voltaire. Pourtant, la soirée avait commencé paisiblement. Originaire de Bretagne, Erik Tegnér profitait de quelques jours de vacances. Reconnu dans le bar où se produisait un groupe de variétés françaises, il échange avec plusieurs personnes qui le qualifient de « facho » ou de « nazi ». « Ce n'était pas un débat qui avait mal tourné. On discutait tranquillement. Moi, j'étais en vacances avec mes amis », explique-t-il, avant que l'épisode ne dégénère.

« Les fils de bourgeois bobo d'extrême gauche »

Au-delà de l'agression, Erik Tegnér croit reconnaître un profil militant qu'il dit observer depuis plusieurs années. « C'est du très jeune, jusqu'à 25 ans, profil un peu bourgeoisie d'extrême gauche », estime-t-il auprès de BV. Puis il résume sa pensée d'une formule : « En Bretagne, il y a deux profils : le zadiste et le fils de bourgeois bobo d'extrême gauche. » Le journaliste décrit des militants issus, selon lui, des milieux urbains et étudiants. « On était dans le bar huppé de la ville [...] c'est la gauche bobo », poursuit-il.

L'expression employée par Erik Tegnér trouve d'ailleurs un certain écho dans les travaux de Florence Johsua, maîtresse de conférences en science politique à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Dans Anticapitalistes, la chercheuse montre que la gauche radicale contemporaine recrute largement parmi des militants dotés d'un fort capital scolaire et culturel, bien loin de l'image d'une avant-garde ouvrière.

La révolution en résidence secondaire

Cette lecture trouve un écho particulier dans le décor de cette affaire. Car Groix n'a rien d'un ancien bastion ouvrier. Selon les données de l'INSEE, 53,7 % des logements de l'île sont aujourd'hui des résidences secondaires. En un demi-siècle, leur nombre est passé d'environ 350 à plus de 1.500. La flambée de l'immobilier a progressivement transformé cette île du Morbihan en destination de villégiature recherchée, où l'accès à la propriété est devenu de plus en plus difficile pour les habitants permanents.

Reste alors ce slogan : « Groix antifa ! » Deux mots qui résonnent singulièrement sur une île devenue, au fil des décennies, l'un des symboles de la villégiature bretonne. Aux yeux d'Erik Tegnér, ce contraste raconte à lui seul la mutation d'une partie de l'ultra-gauche française : une gauche qui continue de revendiquer l'héritage révolutionnaire tout en évoluant, selon lui, dans des milieux de plus en plus éloignés des catégories populaires.

Hier soir, ce n'est ni à Billancourt ni dans les corons que l'on scandait « Groix antifa ! », mais sur une île où les résidences secondaires sont devenues majoritaires. Une image qui résume peut-être mieux que de longs discours l'évolution d'une partie de l'ultra-gauche française. Les temps changent. Les révolutionnaires aussi.

« Une procédure de flagrance est ouverte des chefs de violences sans incapacité de travail en réunion et est confiée à la brigade de recherches de Lorient », a déclaré la procureur de la République de Lorient, Laetitia Mirande, rapporte l'AFP.

Picture of Yann Montero
Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

67 commentaires

  1. Eh bien, ceux qui refusent à traiter ces « antifas » pour ce qu’ils sont réellement, c’est-à-dire des chemises noires fascistes (et maintenant avec des relents de SA nazis, avec leur antisémitisme), émanation d’un parti violent, intolérant, avec son « duce » mégalomane, d’extrême gauche, tout comme le parti de B. Mussolini, eh bien cela sont aussi coupables de faiblesse, de déni, de peur devant l’ennemi.
    Ils ont leur part de responsabilité.
    Et l’on pourrait en dire autant avec l’extrême droite macroniste mondialiste.

  2. La Bretagne ! …
    De Brest à Rennes « ça » devient très compliqué d’être « tranquille » ! …
    ALLO Tassin ! ? … T’as « transat » avec ta copine ? ! …

  3. Qu’ont ils à gagner ces bobos pourris d’extrême gauche ? Ils ont peur de la vérité Croient ils qu’en votant LFI ils vont pouvoir continuer à se dorer impunément la pilule à Groix ? Mais Erik Tegner est blanc, courageux (ce que ne dont pas ces barbares) et il sait montrer le monde tel qu’il est.

  4. A bien comprendre, des résidents de ces logements secondaires sur cette île paisible en dehors des vacances apportent avec eux leur doctrine qui s’inspire fortement de celle des S.A.: briser, lyncher, bastonner ceux qui ne sont pas dans leur ligne de conduite. Donc de petits bobo gâtés en recherches d’émancipations dérivatives, la baston. Les pôôôvres.

  5. Pour la génétique de l’antifa fils de bobos on a l’exemple, qui restera dans les annales, la famille Bernanos.
    D’un côté, Bernanos, le Grand, et de l’autre sa descendance, Antonin, grand en taille et en imbécilité, pseudo rebelle.
    Ils sont de milliers comme lui, qui mettent une affiche d’El Puerco l’assassin dans leur chambre quand ils ont 10 ans et se nourrissent de mythes d’extrême gauche tout en ne ratant pas le goûter. On ne les verra pas aider pendant les crises, ni prêter main-forte aux pompiers, ni quoi que ce soit d’autre, ils ne servent à rien.
    Peut-être que leur unique rêve c’est de devenir député LFI

  6. Cette gauche nauséabonde est aujourd’hui devenue un embryon en gestation d’une future guerre civile. Mais une loi a prévu l’avortement. Tout ce qui est fait peut-être défait.

  7. Ah la Bretagne , la région la plus gauchiste de France , la seule où les autochtones vous « accueillent » ( avec une note de xénophobie , politiquement correcte celle-là , envers les français des autres régions ) avec un tonitruant :  » fièrement bretons , fièrement de gauche !  » . Mais la Bretagne est aussi  » en même temps  » la région qui reste encore largement épargnée par l’immigration massive . Ceci expliquant cela . Vivement que la Bretagne ratrappe son  » retard  » dans ce domaine sur le reste du pays et que les gauchistes , vieux soixante- huitards et jeunes antifas goûtent à leur tour aux joies de l’enrichissement islamo- diversitaire jusque là réservées aux gueux de la « plouquie profonde  » .

  8. La Bretagne est devenue un nid de gaucho et de racailel, il suffit de visiter douarnenez pour en être convaincu !
    J’ai fait une croix sur ce qui a été une belle région ! Français désertez cette terre d’extrême gauche !

    • Tout à fait sans parler d’une agriculture intensive, d’élevages de poulets et porcs intensifs qui polluent terre, légumes et eau … bretonne, j’ai déserté cette région moi aussi … incurables et stupides, ils ont toujours voté à gauche avec la certitude d’être les plus malins …

  9. Lui est Breton contrairement aux abrutis qui l’ont agressé 150 contre 1 des courageux à première vu comme tous ces antifa de salon

  10. Des petits bourgeois décérébrés qui s’inventent des causes à défendre
    Où étaient-ils quand les pompiers cherchaient de l’aide ?
    A 150 contre 4, ils se sentent forts, et doivent être fiers d’eux mais même dans cette proportion ils ne font pas le poids intellectuellement

    • Les antifa sont comme les racailles de banlieues , ils font les fières en groupe , mais dés qu’il sont seul , il rase les murs tel les rats qui filent ce caché en sortant des poubelles des rue.

      • qu’on arrête de les appeler des antifas, ce sont les fachos ! Ces bobos « ultra-gauche «  seraient les premiers à s’exiler tant ils auront le trouillometre à zéro si par malheur Melenchon arrivait au pouvoir

  11. En 1789 une certaine bourgeoisie avide de pouvoir avait manipulé le peuple.
    Aujourd’hui, leurs descendants gogos, gauchos, manipulées par une pseudo intelligentsia très active, se croient investis d’une mission salvatrice.

    • Révisez votre Histoire! 1789 parce qu’il y avait famine et ce ne sont pas les bourgeois qui en souffraient le plus. Bourges de droite ou de gauche : ce sera toujours des bourges qui ne pensent qu’à leur intérêts.

      • Désolée de faire tomber ce cliché mais la Révolution française n’est pas une révolte du peuple affamé contre l’Ancien Régime. Ce sont les Nobles et les Bourgeois qui ont fait la Révolution, non sans une influence maçonnique certaine…

      • La disette de 1789 n’est pas un cliché. L’hiver 88/89 particulièrement glacial fait que la récolte de blé fut maigre et le pain était la nourriture principale de la plèbe; mais Madame Emmanuelle sait tout mieux que les autres. Les nobles auraient déclenché la révolution pour abolir leurs privilèges en août 89?

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