Quel est le bilan de la gestion de la crise à J-1 ? La copie verte et rouge a bien été rendue, mais pourquoi le travail a-t-il été si mal fait, avec cette avalanche de sacrifices terribles et non contrôlés, pour un résultat si désastreux ?

Si l’on ne meurt pas du Covid-19, il va falloir se tuer au travail dont on parlait de remettre les acquis sociaux en cause. De plus, l’insécurité quotidienne nous guette, les actes terroristes se poursuivent, mais sont passés sous silence, comme à Toulouse récemment. Un homme pourrait surgir au coin de la rue, avec un couteau, vociférant dans une langue étrangère, et vous couper la gorge. Ouf, vous êtes arrivé vivant à la maison. Demain, vous aurez juste à sautiller sur les marquages au sol pour prendre le métro. Le travail doit reprendre, contre la récession.

Cependant, on peut dire que le Président a rempli la mission. La première vague est endiguée, mais grâce au sacerdoce des blouses blanches, non écoutées depuis sa prise de mandat. Le retard pris à l’allumage pour lutter est à son actif et la mascarade des masques, reste dans nos esprits. Il ne fait confiance qu’à sa cour. Le peuple des sans-dents a fait son devoir au nom du risque consenti ; pas besoin de distanciation sociale, car distance et sécurité, déjà dans le Code du travail, suffisent à ces humbles guerriers.

Au lieu – comme au Canada – d’appeler à la responsabilité et à l’auto-confinement, le Président a préféré restreindre trop tard les libertés de 90 % d’honnêtes gens avec des Ausweis et fermer les yeux sur ceux qui ne jouent pas ou pas trop bien le jeu. Il a inventé un périmètre sanitaire de 100 kilomètres inhumain : Mamie ne verra pas ses petits-enfants, même après huit semaines. Cercle incohérent, car nos frontières sont ouvertes, mais pour les autres. Irréfléchie, également, cette consigne d’une place sur deux dans les transports alors que, pendant deux mois, on dîne à quatre autour de la même table… À tout régenter, il a tout étouffé.

Moi qui n’y connais rien, comme beaucoup de Français, je sais qu’on redémarre mieux un moteur qui tourne au ralenti qu’un moteur arrêté durablement. Mais lui qui sait, il ne fait pas confiance à ses concitoyens, il ignore l’expression « faire au mieux », il coupe court à l’initiative de fermer, de faire tourner au ralenti tout seul ou avec des volontaires son outil de travail. La panacée : le télétravail, mais demain, le chômage à domicile, on y sera déjà. Bref, son bilan sent résolument l’échec, tant par la chute de l’économie que par les effets pour le gilet jauni, qui concrètement achète le beurre le plus cher de sa vie, le seul restant en rayon, ou encore des masques jetables à presque un euro pièce pour aller bosser.

Une question se pose, donc : qui est responsable d’un tel désastre ? Le temps de démissionner n’est-il pas venu ? Pour ma part, encore deux ans de voyage avec un mauvais cavalier en tête ne m’enchante guère ; je pense ne pas être le seul dans ce cas. Une certitude : ne faites pas de référendum pour poser la question aux Français, car ils savent ce qu’ils ne veulent plus.

10 mai 2020

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