Dans la famille Sarko, on demande le fils caché. Ça tombe bien, il est tout trouvé : c’est , nouveau ministre de l’Intérieur, à l’instar de son père spirituel qui occupa la fonction sous le règne de cet autre maître à penser que fut, pour lui, Jacques Chirac. D’ailleurs, les deux hommes ne font pas mystère de leur commune filiation, la revendiquant haut et fort ; un peu comme si l’un était le « mini-moi » de l’autre.

Toujours à propos de filiation, on notera que les deux ne dissimulent pas plus le fait d’être des « sangs mêlés », tel que l’affirmait naguère l’ancien Président. Racines hongroises pour Nicolas, algériennes pour Gérald, Moussa de son second prénom : voilà, en tout cas, de l’ républicaine rondement menée. D’où, peut-être, une forme de revanche à prendre, et surtout à prendre vite, en hommes éternellement pressés qu’ils sont.

Hormis leur maîtrise toute personnelle de la langue de Molière, ces deux-là ont encore ceci de commun de se comporter en jouisseurs : Fouquet’s, yacht de Bolloré, mariage avec un top model pour le premier ; autre mariage promis à la même médiatisation pour le second, sans oublier cette phrase lancée en pleine crise des gilets jaunes : « Nous devons tous intégrer et pas seulement expliquer, mais entendre et comprendre, ce que c’est de vivre avec 950 euros par mois quand les additions dans les parisiens tournent autour de 200 euros, lorsque vous invitez quelqu’un et que vous ne prenez pas de vin. » Plus Fouquet’s que Flunch, lui aussi…

À l’instar de son modèle, Gérald Darmanin occupe le terrain, multipliant les déplacements et les déclarations à l’emporte-pièce, à croire que sa vie – ou son avenir politique – en dépend. Avec lui, c’est le Kärcher™ à la puissance mille : « Aucune communauté, sur le sol de la République, ne fait sa loi », « avoir le droit d’asile ne crée pas le droit de mettre le bordel », « ce sont les trafiquants de drogue qui vont arrêter de dormir ».

On se croirait revenu au temps d’un de leurs illustres prédécesseurs, Charles Pasqua – l’un des autres mentors de  –, qui entendait jadis « terroriser les terroristes », ce, avec des résultats plus que mitigés et à rapprocher d’un bilan sécuritaire sarkozyste s’étant globalement limité à truffer les routes de radars automatiques. Il est vrai que la « délinquance routière » est une priorité depuis quelques décennies.

Pareillement, l’itinéraire politique de ces deux locataires de la Place Beauvau n’est pas sans présenter quelques étranges similitudes, puisque consistant à immanquablement camper sur des positions de droite pour mieux chercher à plaire à gauche.

Avant le Kärcher™ de Sarkozy, il y a l’abolition de la double peine, interdisant de renvoyer les kärchérisés en question dans leurs pénates d’origine. Puis, lors de la campagne présidentielle de 2007, il se fait plus lepéniste que Le Pen pour, ensuite, arrivé à l’Élysée, nommer Bernard Kouchner au Quai d’Orsay ; ce que même Ségolène Royal n’aurait osé faire… Idem pour Darmanin qui, prétendant incarner l’aile conservatrice de l’UMP, s’enrôle ensuite dans les rangs progressistes de LREM, le parti d’un autre jeune homme tout aussi pressé : .

En revanche, une constante demeure dans leurs parcours respectifs : pirater le discours du FN, puis du Rassemblement national, afin d’en détourner les électeurs. Au moins servent-ils à cela : jouer les idiots utiles d’un système en fin de course, au contraire d’un autre ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, idiot inutile, lui, dont on se demande encore aujourd’hui à quoi il pouvait bien servir, si ce n’est, peut-être, à faire briller son successeur à peu de frais.

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