Tweet : littéralement, gazouiller. Le babillage des oiseaux est, en français, synonyme d’à-peu-près : « propos sans intérêt ». Mais voilà : pour exister médiatiquement, l’Homo politicus du millénaire XXI se sent obligé de « tweeter » sur le « Web », venant polluer d’insignifiances un réseau Internet déjà gorgé des truismes du bobo et des poncifs du populo. En oubliant que la « toile d’araignée mondiale » peut être aussi piégeuse. Car rien ne se perd !

Ce 6 juillet, à peine nommé à l’Intérieur, le ministre a cru bon de tweeter ce message au monde : « Grand honneur, pour le petit-fils d’immigré que je suis, d’être nommé ministre de l’Intérieur de notre beau pays. Merci à Christophe Castaner qui a mené une action courageuse et déterminée au service de la protection de nos concitoyens. »

Voici un apprenti en attente de son 18 brumaire, si l’on en croit un Christian Jacob reconverti en tonton flingueur et qui paraît bien connaître ce profil de carrière : « Ces ministres sont d’abord des opportunistes » ; Darmanin porte en lui « les gènes de la trahison ». Bien ! Laissons Jacob à ses oracles rancuniers et revenons à nos moutons. Quels sont les « gènes » de Darmanin ? Ceux d’un grand-père « immigré », a tweeté l’intéressé.

Voilà un bien habile homme qui, s’installant Place Beauvau, le 7 juillet au matin, n’oublie pas de remercier son prédécesseur dans une langue de bois impeccable ; mais qui, pour vite prendre en main tous ces flics révoltés par la prime à l’émotion de « Casta » et qui pensaient peut-être encore, ce matin, « Casse-toi, Castaner ! », entonne ce refrain martial propre à redresser nos prétoriens de la Ve : « Nous devons être intraitables avec ce que le président de la République a qualifié de séparatisme. Nous devons combattre de toutes nos forces l’islamisme politique qui attaque la République. »

Voilà qui est clair. Moins clair, le tweet de la veille ; lorsque Gérald Moussa Darmanin revendiquait son origine immigrée en langage sibyllin. Car le grand-père de notre ministre n’est pas un immigré lambda. Non ; un Français par le sang versé. Moussa Ouakid a participé aux combats de la Libération, en 1944, comme chef de section, a été décoré et, pour finir… harki !

Si se souvient encore du traitement indigne réservé par notre République aux harkis après 1962, on peut comprendre cet ancien coup de sang, lorsqu’il tweetait, en 2017 : « Honte à qui insulte la France à l’étranger : crachats inacceptables sur la tombe des Français tirailleurs, supplétifs, harkis morts pour une France qu’ils aimaient. »

Voilà quand-même qui fait désordre. Christian Jacob serait-il bon oracle ? Et Darmanin le Iago génétique annoncé ?

Allons, Emmanuel Macron n’a peut-être pas les naïvetés d’Othello. Avec une Marlène Schiappa – dont on connaît les positions – imposée collaboratrice et une affaire sexuelle aux basques, notre apprenti Napoléon semble bien mal parti sur le chemin du coup d’État ! Première semonce, ce matin du 7 juillet, quelques militantes féministes manifestaient déjà Place Beauvau, vociférant : « Un violeur… à l’Intérieur ! »

Laissons donc, provisoirement, le mot de la fin au neurologue Véran, son collègue aux « Solidarités », qui tweetait, en 2015 : « Qui fait le (Dar)malin tombe dans le ravin ! »

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