Gabriel Attal découvre l’eau qui mouille

Celui qui a fait don de ses vacances à la France pour cause de campagne, nous épate chaque jour un peu plus.
Capture d'écran X Gabriel Attal
Capture d'écran X Gabriel Attal

Un jour, une idée. Ou presque. Gabriel Attal, qui a décidé de faire don de ses vacances à la France pour cause de campagne présidentielle, nous épate chaque jour un peu plus. On a eu l’épisode des gens du voyage puis celui des ingérences russes, voici donc venu celui de l’eau. L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, le 10 août dernier, faisait étape dans les Pyrénées-Orientales. Plus précisément à Argelès-sur-Mer, où il a rencontré des viticulteurs qui ont durement souffert de la sécheresse. À l’issue de cette visite, le candidat à la présidence a fait une grande annonce : « Si les Français me font confiance, je souhaite qu’un ministère dédié à l’eau soit créé. » Personne n’y avait pensé jusque-là.

Réflexe bien français...

Pour résoudre un problème, on crée un ministère. Bien évidemment, « l’eau est le bien de toute l’humanité » et « nous devons en prendre soin », comme l’affirme Gabriel Attal, qui enfile les évidences comme d’autres les perles. Mais un ministère de l’Eau ? Gabriel Attal croit-il vraiment qu’une couche supplémentaire d’administration étatique contribuera, par exemple, à « lever tous les freins qui empêchent la réutilisation des eaux usées » ou encore à « faciliter, pour nos agriculteurs, les projets de retenues d’eau », pour reprendre les items évoqués dans son post publié sur X ?

 

Du reste, Gabriel Attal croit-il vraiment que les Français sont encore sensibles – s’ils l’ont jamais été - à ce genre de proposition marketing ? Certes, un certain Maxime Boudet, collaborateur d’élu macroniste, n’a pas pu s’empêcher de saluer, sur X, la proposition de son candidat préféré : « Sur l’eau, il fallait bien que quelqu’un se mouille ! Et visiblement, le seul à vraiment se jeter à l’eau… c’est notre candidat. Gabriel Attal, le seul politique à se saisir vraiment de l’enjeu de l’eau ! » Ce qui reste à prouver. Certes, encore, Prisca Thevenot, préposée en chef à l’encensoir, a laissé tomber deux secondes ses lectures estivales pour réagir à l’idée de génie - pardon, du génie : « Préserver l’eau, c’est protéger notre avenir. Alors, ne subissons pas : agissons… »

Ça coule de source

En revanche, David Lisnard, lui aussi candidat à la présidentielle et qui connaît sans doute un peu mieux le sujet que Gabriel Attal en tant que maire, est - disons-le - plus circonspect. « Les actions dans le domaine de l’eau (potable, usée, pluviale) ont besoin d’un cadre juridique clair et responsabilisant, qu’on simplifie les procédures et facilite le travail des collectivités responsables (intercommunalités et communes), et de moyens en solidarité pour les secteurs les plus démunis. Rien de cela ne peut résulter d’un ministère supplémentaire. » C'est clair et coule de source.

 

De son côté, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, qui n'en rate pas une, a lui aussi réagi. « Il y a déjà un ministère qui s’occupe de l’eau. Dommage qu’un ancien Premier ministre ne le sache pas et ne s’y soit jamais intéressé avant, cela aurait pu éviter le désastre actuel. Quoique si Attal s’y était intéressé, cela aurait pu être encore pire. » De l'eau au moulin.

Ce décret de 2024

S'il n'y a pas à proprement parler un ministère de l'Eau, il y a tout de même, depuis un décret pris le 12 juillet 2024, un délégué interministériel en charge de la gestion de l'eau en agriculture. Une sorte d'embryon de ministère de l'Eau. Interministériel, car ce haut fonctionnaire est placé à la fois auprès du ministre chargé de l'Agriculture et du ministre chargé de l'Environnement. Sa mission ? « Accélérer l'adaptation de l'agriculture au changement climatique, en promouvant la gestion raisonnée et performante de l'eau pour des usages agricoles, dans le respect des équilibres des milieux et des autres usages s'inscrivant dans la gouvernance territoriale de l'eau, en particulier l'eau potable. » Très bien. Avant de penser à créer un ministère de l’Eau, il ne serait pas inutile de faire un petit bilan de cette délégation interministérielle. Au bout de deux ans d’existence, ce ne serait pas sot. Au fait, qui signa ce décret du 12 juillet 2024 ? Vous l’aurez deviné : Gabriel Attal.

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

118 commentaires

  1. Surprenant ces candidats au bilan catastrophique (Attal, Philippe, peut-être Lecornu, Darmanin qui se réveille juste avant les élections) qui osent se présenter et vouloir renverser la table ! Il ne manquait plus que la présidente de l’AN qui souhaite aussi se présenter, tout comme la Royal, une vraie catastrophe
    Ils n’ont vraiment peur de rien, il y a longtemps que le sens de l’honneur , de la dignité n’existe plus .

  2. Déjà il doit être le seul qui pense avoir la confiance des français, il a fait ses preuves de très grand premier ministre. Sa façon de faire croire tout savoir, sa fausse modestie se sent à mille lieues. Nous avons monsieur « Promesses » . Il arrive et a des idées, des propositions à qui mieux mieux pour espérer accrocher des électeurs avec lesquels ils jouent le grand copain qui va être président de la république. Un pantin politique de plus pour faire barrage au RN au second tour. S’il y en a un !

    • Détrompez-vous ! Un nombre conséquent de crânes mous, toutes générations confondues même si c’est principalement dans le microcosme trottino-urbain, voit dans cette chèvre arriviste et incompétente un candidat crédible.
      Mieux encore, j’entendais hier soir sur CNews Julien Dray, l’horloger figurant dans le trio de tête des pères fondateurs de la submersion migratoire en France, même s’il s’en défend malhonnêtement aujourd’hui et dit la considérer comme problématique, nous expliquer doctement que le sauveur pour l’élection présidentielle de 2027 présidentielle de 2027 ne pouvait être que l’incapable en scooter Hollande … qui ne dut d’ailleurs son élection, pour le plus grand malheur du pays puisque non content d’avoir été nul il convient de se rappeler que c’est lui qui a amené Macron dans ses valises, qu’aux effets conjugués des avatars ancilliaires de l’obsédé Strauss-Khan et des trahisons répétées de Sarkozy.

  3. vous il vous épate et moi il me débecte de plus en plus; C’est épidermique ce petit macron n’arrive pas à me convaincre bien au contraire plus il parle, plus il se renie, plus il fait de proposition incongrue et démagogique et plus il m’insupporte

  4. Ce type ne peut pas faire don de ses vacances, car il est toujours en vacances.
    Il utilise la méthode Sarkozy, il promet ce que les autres promettent, et ça n’ira jamais plus loin.
    Habituellement on appelle ce genre de guignol, un politique ou un escroc.

  5. Deja supprimer le ministère de l’environnement.
    Le ministère de l’agriculture et de l’Industrie seront a même de gérer l’eau.
    C’est une chose trop importante pour être laisser aux écolos.
    La quantité d’eau sur terre est quasi invariable.
    Présente sous forme liquide solide ou gazeuse.
    Le principal problème est sa disponibilité a un instant t.
    Et donc ,il faut penser a des solutions de stockage

    • La France n’est pas l’Espagne, il y pleut assez, les chiffres sur 30 ans varient selon les années mais en moyenne à 500 milliards de m3/an. On en utilise moins de 6% pour toutes les activités humaines, agriculture inclus.
      La pluie est très mal répartie sur l’année et il pleut surtout en hiver et au printemps en moyenne.
      Ce qu’il faut c’est stocker cette eau excédentaire dans des lacs ou étangs de retenue et des bassines,
      et pas faire le contraire comme actuellement où le programme « rivières sauvages » des écologistes détruit des centaines de plans d’eau partout en France depuis 2006.

      • Les ecolos veulent en effet detruire les écluses des moulins au fil de l eau construits par nos ayeux pour moudre le blé. Ces
        gens qui n ont jamais manqué de rien vont nous ruiner. Écolo rime bien avec dingo

    • L’Espagne ferait mieux de construire des usines de déstalinisation.
      « Certaines communes de France manquent d’eau potable » je connais quelques villages de l’Hérault (entre autres) qui n’ont pas d’eau mais permettent la construction de piscines privées. Où il y a de la gène, pas de plaisir.

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