, c’est un peu la coqueluche – maladie infantile, comme chacun sait – de la Macronie. L’atout cœur, en quelque sorte, dans un monde qui fait de la jeunesse un privilège et de la vieillesse un surcoût pour la Sécurité sociale.

Nommé, en 2018, secrétaire d’État à 29 ans et 6 mois, pile-poil, il détient le record de la Ve République. Le jeune Gabriel entrait ainsi dans le club très fermé des ministres pas encore trentenaires. Une entrée saluée, à l’époque, par cette scie de Marylise Lebranchu, ancien ministre de Hollande, avec ce tweet assassin : « Gabriel Attal pur produit du carriérisme politique trouvait tellement dur de ne pas être ministre avant 30 ans… ouf il est secrétaire d’État. » François Baroin, autre promis jadis à un brillant avenir et petit protégé de Chirac, en fut de ce club très sélect lorsqu’il accéda au « porte-parolat » du gouvernement Juppé en 1995. François Mitterrand n’en était pas, puisqu’il avait franchi de peu la barre fatidique des trente ans à sa nomination au secrétariat aux Anciens Combattants, en 1947. Pour dire. Cela dit, le record de toute l’histoire de la République reste à battre : 24 ans, 7 mois et 3 jours. Il s’agit de Lucien Bonaparte, que son frère Napoléon nomma ministre de l’Intérieur en 1799, après le coup d’État du 18 brumaire, en remerciement des services rendus. Tout le monde n’a pas un frère Premier Consul.

Mais, au fait, pourquoi évoquer le jeune Gabriel Attal ? Une rubrique « Spécial été » sur les records détenus en politique (le plus jeune ministre, le plus vieux, celui qui est resté le moins longtemps, le plus longtemps au gouvernement, etc.) ? Non, on aurait pu y penser, mais non. Gabriel Attal vient de faire parler de lui malgré lui. Seul secrétaire d’État à avoir été nommé lors du dernier remaniement, par grâce magistrale du président de la République – fallait bien quelqu’un pour assurer le « porte-parolat » avec le départ désigné-volontaire de Sibeth Ndiaye -, la question semble se poser pour le Premier ministre s’il ne faudrait pas confier autre chose à ce jeune homme pressé. À la sortie du Conseil des ministres de mercredi, tenait avec ses dossiers sous le bras une note manuscrite que les téléobjectifs ont pu lire : « Finalement, on a trouvé un os à ronger supplémentaire pour le jeune Gabriel ? » Visiblement, Sibeth Ndiaye avait largement assez d’un os sur lequel, du reste, elle est tombée. Mais Gabriel Attal, c’est autre chose. Il en a sous le pied, le jeune homme, on peut y aller, charger la mule. Et il en redemande, paraît-il.

Réponse, dont on ne sait de qui elle émane mais que l’on peut imaginer faisant partie de la table du Conseil des ministres : « Non… » À noter les trois points de suspension qui ont toute leur importance. Des points de suspension pour dire que l’affaire n’est pas réglée, qu’elle est délicate, bref, qu’elle nous emmerde ? Plein de questions passionnantes qu’Apolline de Malherbe pourra poser à son cousin à la mode de Bretagne à l’occasion de son prochain passage sur le plateau de BFM TV.

« Un os à ronger » ? Pour qu’il nous fiche enfin la paix, qu’il se fasse les dents… ou se les casse ? On peut tout imaginer dans ce monde cruel.

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