Futurs médecins : pour David Lisnard, il faut sortir du système de « mabouls »
Paraphrasant Emmanuel Macron à propos des relations avec l’Algérie, David Lisnard, probable futur candidat libéral à la présidentielle de 2027, évoque un « système de mabouls » à propos d’un système de santé que l’OMS classait, en 2000, comme le meilleur du monde ! Il prévoit, entre autres, de supprimer les agences régionales de santé (ARS) et de diminuer le nombre de cols blancs dans les hôpitaux publics après avoir remarqué que le système de soins français coûte 60 milliards de plus par an que dans les autres pays européens. Mais le problème majeur est de fournir des médecins en qualité et quantité suffisantes, les besoins augmentant avec le vieillissement de la population.
Le défi de la formation des médecins
La sélection, la formation et le recrutement des médecins sont un des défis du futur Président au pays de l'immobilisme et du « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ». Le système français est marqué par un paradoxe : d’une part, une sélection et une formation locales rigoureuses et, d’autre part, le recours massif et précaire à des praticiens formés à l’étranger (et notamment les PADHUE, praticiens à diplôme hors Union européenne) pour pallier le manque de soignants.
C’est une longue histoire qui commence dans les années 70 avec l’instauration du numerus clausus, identifié aujourd’hui comme cause de la pénurie de médecins. Il a donc été remplacé, en référence au principe Shadok énoncé ci-dessus, par un nouveau système complexe de sélection appelé numerus apertus, avec deux voies : le Parcours d’accès spécifique santé (PASS) et la Licence avec accès santé (LASS), encore plus illisible, anxiogène et vecteur d’inégalités entre les facultés. Et donc, pour 2027, le retour à une voie unique est prévu. Un des facteurs limitants de l’augmentation du nombre d’étudiants en médecine est le goulot d’étranglement de la formation clinique à cause du nombre limité de places disponibles dans les stages avec encadrement formateur suffisant. Les futurs médecins en formation n’ont pas vocation à n’être que les « bouche-trous » des hôpitaux périphériques.
À ce sujet — [SANTÉ] Comment ne pas devenir « maboul » ?
La filière européenne : une voie de contournement
Il existe une voie de contournement dans d’autres pays d’Europe (les diplômes européens sont reconnus dans toute l’Europe) à la sélection moins exigeante pour les déçus en tout genre du système élitiste français. La Belgique, l’Espagne et surtout la Roumanie ouvrent cette possibilité ; entrée non sélective mais études payantes. Il y a, en permanence, entre deux mille cinq cents et trois mille carabins français en Roumanie. Par contre, de retour en France, le niveau n'y est pas. Les résultats aux épreuves dématérialisées nationales (EDN), correspondant à l'ancien concours de l'internat, sont très inférieurs à ceux des étudiants qui ont suivi leur cursus dans l'Hexagone.
Les PADHUE : une main-d’œuvre précaire
Les fameux PADHUE, à diplôme extra européen, sont l’autre moyen pour compenser le manque de médecins. Ils doivent passer un concours où le taux de réussite est faible et, ensuite, accomplir un parcours de consolidation des compétences. Employés comme faisant fonction d'internes ou praticiens associés, ils constituent une main-d'œuvre à bon marché, à peine mieux payés que les infirmières. Ils peuvent finir par espérer une installation en médecine libérale, mirage d'une intégration réussie, une fois leur autorisation de plein exercice obtenue. On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec l'immigration de main-d'œuvre des Trente Glorieuses : travaux pénibles, petits salaires ! Vous avez plus de chances d'avoir affaire à un médecin formé en France si vous consultez un chirurgien plasticien à Nice que si vous désirez rencontrer un gériatre à Hazebrouck !
Vers une réforme ambitieuse
Le défi de cette énième réforme des études de médecine sera de former plus d'étudiants sans sacrifier la qualité. La modernisation des terrains de stage est indispensable pour éviter que l'augmentation des promotions ne se traduise par une baisse de niveau. Même problématiques pour les PADHUE, la fin de la précarité administrative et la simplification de la vérification des connaissances, en conservant des exigences de niveau élevées, sont indispensables mais il faudrait surtout éviter de vider les pays d'origine de leurs forces vives. Et - rêvons un peu - la simplification du mille-feuille administratif hospitalier et une rationalisation des dépenses devraient permettre de financer cette réforme au pays du déficit systémique.
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55 commentaires
Les technocrates Français ont un génie des acronymes unique au monde : les PADHUE, ou les PADOUÉS ?
La France compte entre 30% et 35% d’administratifs dans le secteur hospitalier, contre 20%-25% dans des pays comme l’Allemagne, et quand on écoute les médecins, il y a de manière récurrente le problème pour eux de la surcharge de taches administratives dans leur emploi du temps….on a va vraiment l’impression que plus on met d’administratifs, plus il y a de tache administratives pour les autres…..la formation des médecins est à revoir pour sûr, mais c’est aussi tout le système de santé; le souci c’est que souvent en France quand on parle de réforme, on se retrouve avec une enième usine à gaz pire que la précédente….
Il en va de même pour le personnel administratif de l’éducation nationale. Cette proportion ne faiblit évidemment pas, même depuis l’arrivée de l’informatique.
À croire que l’avènement de l’informatique n’a rien apporté en termes de confort de travail.
Supprimons donc cet outil s’il ne sert à rien, ou plutôt s’il ne sert qu’à faire pirater les données des contribuables par des hackers de 15 ans.
… et nous les entendrons se plaindre du manque de personnel !
M. Lisnard a de bonnes idées. De jeunes français motivés depuis des années ne peuvent accéder aux études médicales. Ils sont compétents, ils ont la volonté mais rein n’y fait. Pourquoi et qui est responsable de ce foutoir ?
400000 à 500000 nouveaux migrants par an arrivant sur le sol français augmentent considérablement les besoins en strucures: médicales, scolaires, logements, autres…et augmenteront dans les années à venir sans maitrise de l’immigration, et ce ne sont pas les services de gérontologie qui génèrent la pénurie de médecins…
Lisnard suffit en titre pour ne pas lire l’article. Les centro-islamo-gauchistes n’auront jamais mon vote. Ils me répugnent tellement que même leurs visages m’insupportent. Mes yeux et mes oreilles resteront loin d’eux et de toutes leurs idées.
Tout ces politiciens devraient être issus d’entreprises, combien d’entre eux n’ont qu’une théorie de gestions sans avoir la moindre expérience que celle d’avoir payé la baguette de pain chez le boulanger du coins.
Je suis l’itinéraire de Monsieur LISNARD … même l’ascension. Cet homme vient de l’entreprenariat il prône les résultats, les bilans bénéficiaires, et non les mégas déficits de notre Mozart de la finance.
Monsieur LISNARD ….. je vote pour vous !
Ciotti lui avait proposé de s allier. Ils viennent de la même famille politique après tout. Je ne suis pas certaine qu il y arrivera seul. L union fait la force et ils ont beaucoup d idées en commun. C est sans doute le spectre du RN qui le bloque.
lisnard enlève des voix aux partisans de la table rase du macronisme : il ne passera jamais seul mais ses voix peuvent empêcher le RN/UDR de conforter son avance
lisnard ? toujours LR…bien que dissident ?…..
INDIGOT,
Mais que vous arrive-t-il donc ? Je ne vous reconnais pas.
« Je me dois, avec tout le respect possible, de protester avec la plus grande vigueur ».
Pensez-vous qu’il ait les épaules assez larges pour porter à lui seul ce projet quand on le traitera de nazi de facho et d’extrême droite ?
Car bien évidemment la gauche ne s’en privera pas.
Les solutions nous les connaissons tous.
Nous avons besoin d’un homme qui ne plie pas, qui ne rompt pas, qui ne courbe pas l’échine.
Car au-delà du programme c’est bien de cela qu’il s’agit. Quelqu’un qui porte ses idées contre vents et marées.
Lisnard je doute.
Peut-être est-ce le grand remplacement le grand responsable ?
» en 2000, comme le meilleur du monde »
en 2000 les administratifs, c’était 3% du personnel
aujourd’hui, c’est 35%.
la contagion comptable : il n’y a plus de politiques, il n’y a plus que des comptables :
on a plus les moyens, il faut sabrer : « faire des réformes »
un vrai politique chercherait le moyen d’ « avoir les moyens » !!!
PRODUIRE point.
on dirait que Lisnard est le seul à avoir ce point de vue.
Tout d’abord il faut supprimer cet oral woke honteux à la fin du cursus, des jeunes qui ont travaillé dur, ayant de bons résultats, recalés par un « jury » woke, posant des questions n’ayant d’ailleurs rien à voir avec la médecine, il faut stopper ça et de suite, et cet oral compte pour 70% de la note finale, c’est grave !
Donc ces jeunes vont étudier ailleurs et on doit importer des soignants qui n’ont pas du tout le niveau pour beaucoup
Hé oui,encore une magnifique machine détruite par nos technocrates incompétents et bornés et par une UE dont on se demande pourquoi ou pour qui elle roule.
Que font tous ces incompétents à la gestion des hôpitaux et la formation des médecins.
Dans une entreprise , est ce l’infirmière qui gère la boîte?
Encore une énorme réforme à faire , il faudrait passer du moyen âge au siècle des lumières.
En ce moment nos ne sommes pas gérés par des lumières justement.
Dans un hôpital dans lequel ma fille était infirmière, le psychiatre était ukrainien. Peut-être avait-il passé un véritable examen en Ukraine. Mais avant d’être embauché par cet hôpital, il était chauffeur de poids lourds !
Très bien . . . Mais qu’a fait David Lisnard pour tenter la « Destitution » de Macron ?
Il a vote pour lui …2 fois..
soixante ans de corruption de laxisme et de lâcheté de nos gouvernement sa prouve que le pays était riche il a mis longtemps a mourir maintenant les vautours rongent les reste
Il se dit que le numerus clausus entraînant une pénurie de médecins aurait été parfaitement organisé.
1) par l’Etat : moins il y a de médecins, moins il y a de consultations moins la secu a à rembourser…
2) Par les médecins eux mêmes : moins il y a de concurrence, plus ils ont de clients (pardon, de patients)… Mais ça, c’est sûrement de la diffamation…
C’est comme pour l’euthanasie : c’est uniquement pour le « bien être des malades, pas du tout pour faire l’économie de retraites de gens qui ne servent plus à rien…
Je ne suis pas le seul à penser que le fond du problème se trouve dans votre analyse . Mais ça aucun médecin ou politique ne voudra , hélas , le reconnaître .