Par le , le pape François vient de décider que le missel réformé par le pape Paul VI, en 1969, était « la seule expression de la lex credendi du rite romain ». Concrètement, la célébration de la traditionnelle redevient soumise à de multiples autorisations, doublées de vexations : interdiction de célébrer dans une église paroissiale, autorisation du Saint-Siège pour qu’un prêtre nouvellement ordonné puisse célébrer, etc.

La stupéfaction, l’indignation et la colère ont envahi une grande partie de l’Église. , par le motu proprio de 2007 Summorum pontificum, avait rendu à la messe traditionnelle une partie de sa liberté, déclarant : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous. »

Que reproche le souverain pontife à cette messe ? De trop bien réussir ! Malgré son régime de liberté surveillée, la célébration de la messe traditionnelle ne cesse, en effet, de se développer. Les fidèles traditionalistes représentent ainsi, à ce jour, 7 à 8 % des pratiquants. Les assemblées sont , familiales et fournissent déjà globalement 20 % des ordinations sacerdotales annuelles en France. Seul hic pour les autorités romaines : ces communautés ont une appétence moyenne pour le « Saint Concile Vatican II » et la liturgie réformée. Les fruits tant espérés du concile tardant à mûrir, les fidèles traditionalistes préfèrent se rabattre sur les méthodes d’apostolat et de prières qui ont fait leurs preuves. Quant à la liturgie réformée, s’ils ont choisi la liturgie traditionnelle c’est bien parce que celle-là ne répondait pas à leurs attentes de transcendance, de sacralité, de recueillement, de mystère…

Cette décision pontificale suscite chez l’observateur la conviction qu’une rupture s’est effectivement opérée entre l’Église dite conciliaire, selon l’expression du cardinal Benelli, et celle qui la précédait. En effet, si l’Église conciliaire est la continuité naturelle et surnaturelle de celle qui l’a précédée, on ne pourrait, alors, reprocher aux personnes attachées aux formes liturgiques anciennes que d’avoir cinquante années de retard, ce qui n’est pas un drame. C’est cette conviction qui motivait la bienveillance du pape Benoît XVI, adepte de l’herméneutique de la continuité, envers la liturgie traditionnelle. En revanche, si l’Église conciliaire est, sous certains aspects, d’une nature différente de celle qui l’a précédée, le comportement du pape François est alors logique. Dans les années 70, l’intuition originelle et fondatrice de Mgr Lefebvre, fondateur de la Fraternité Saint Pie X, était : « Laissez-nous faire l’expérience de la Tradition. » Cette expérience a été menée et les bons fruits en sont observables par tous.

Que va-t-il se passer ? A priori pas grand-chose. En effet, les évêques de France ont parfaitement conscience que l’application stricte du motu proprio entraînerait immédiatement un vaste mouvement de protestation qui ne se limiterait pas à des suppliques larmoyantes mais s’incarnerait dans des manifestations devant les évêchés et des occupations d’églises. Il est d’autre part, médiatiquement, délicat de soutenir la , pour ne pas écrire la méchanceté, des mesures pontificales en regard des propos récurrents du Saint-Père sur la miséricorde, le pardon, l’accueil, etc., des homosexuels, des divorcés remariés, des migrants… Malgré ces épreuves, notre espérance reste surnaturelle : « Introibo ad altare dei. Ad deum qui laetificat juventutem meam » (« Je monterai à l’autel de Dieu. Le Dieu qui réjouit ma jeunesse ») (psaume introductif de la messe traditionnelle).

20 juillet 2021

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