MM. Macron et Philippe ont donc donc tranché : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contesté, ne verra pas le jour. Et les Français, d’après un sondage Odoxa pour Le Figaro et France Info, réalisé mercredi et jeudi matin, approuvent très largement cette décision : 76 %. Aussi bien à qu’à droite.

Les raisons de cette adhésion sont nombreuses : habileté du couple exécutif désireux de conserver l’atout Vert Nicolas Hulot au gouvernement, communication parfaitement maîtrisée depuis des semaines préparant l’opinion à cet abandon, avec cette visite de M. Philippe samedi dernier dans le village, soulagement et satisfaction de l’opinion face à un gouvernement qui prend enfin ses responsabilités, tranche, mais de façon pragmatique.

Il n’y a que sur un point que les Français auraient pu marchander leur adhésion : les promesses de . M. Macron avait dit l’inverse, assuré que l’aéroport se ferait, que le référendum local et les décisions de seraient respectés. Or, même sur ce plan, le même sondage révèle que 57 % des Français ne pensent pas que le Président a tort et qu’il se renie, malgré l’évidence !

C’est très intéressant. M. Macron serait-il un prestidigitateur tel que les Français seraient amnésiques sur ce qu’il a promis avant ? Seraient-ils plus indulgents pour ce pouvoir par rapport aux autres, qui pratiquèrent le reniement de façon constante et sur des sujets bien plus importants que celui-ci ?

Pour lui, c’est une réussite exemplaire qui devrait le conduire à mettre au second plan son refrain : « Nous l’avons dit, nous l’avons fait. » Car cette séquence révèle que les Français sont capables d’accepter un reniement de la part d’un responsable politique. Mais à certaines conditions, que ne remplissaient pas la cascade de reniements des Présidents précédents qui étaient systématiquement menés contre le peuple.

D’abord, ce reniement s’est fait contre les élus et les intérêts économiques immédiats. Ensuite, il s’est fait en faveur de la préservation de la nature. Enfin, il est la victoire d’un certain conservatisme prudent et de bon sens contre un progrès technique et financier aveugles cautionné par la justice et la technocratie.

Choisir la nature et le peuple, au nom des principes de prudence et de précaution, par bon sens paysan, contre le progrès technique et économique aveugle, contre les élites, c’est nouveau en France, et les Français ne s’y sont pas trompés.

Alors, à quand le prochain abandon d’une promesse de campagne promouvant une fuite en avant techniciste nous éloignant toujours plus de la nature et du bon sens, abandon en faveur du bien commun ? La pour toutes ? Et la GPA pour tous ?

20 janvier 2018

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