Après ce qu’il est maintenant convenu d’appeler un loupé lors de la fermeture des frontières françaises à plusieurs pays d’Afrique australe pour « faire face » au nouveau variant Omicron, dit variant sud-africain tout simplement parce qu’il a été découvert là-bas en fin de semaine dernière, c’est l’île Maurice qui fait aujourd’hui face à un imbroglio de restrictions françaises mettant en péril immédiat sa saison touristique, vitale pour son économie.

Après près de deux ans de confinement et de fermeture des frontières par les autorités locales pour essayer vainement de garder à distance la pandémie, l'île était sur les genoux, l’essentiel de ses revenus (25 %) provenant d’une industrie touristique qui avait stoppé net ses activités. Aujourd’hui, les comptes des principaux groupes hôteliers sont lourdement plombés, ayant du même coup un effet désastreux sur l’emploi (150.000 personnes en emplois touristiques directs et indirects). Néanmoins, la résilience de la population de l’île a fait que la stabilité sociale a pu être préservée.

Tout a donc redémarré le 1er octobre avec la réouverture des frontières. L’espoir est revenu et les touristes aussi, servis par un protocole sanitaire qui semble bien marcher. Seul point noir dans toute cette affaire : une capacité de traitement pour le moins médiocre des malades graves du Covid dans les hôpitaux publics mauriciens. Le désir de pouvoir revoyager au soleil à été le plus fort et les réservations sont reparties à la hausse.

On apprenait donc, mercredi dernier, que dans la foulée de la panique du variant Omicron, le Conseil des ministres français avait décidé de passer du rouge de la liste sur laquelle Maurice se trouvait depuis le matin même à « rouge écarlate ». Le tout assorti d’une série de mesures plus contraignantes les unes que les autres mais aussi extrêmement complexes à gérer par les compagnies aériennes, les agences de voyages et les autorités locales.

Résultat : une cascade d'annulations au départ de la France, qui représente bon an mal an 25 % des touristes débarquant à Maurice (20 % d’annulations pour décembre à ce jour). Les touristes sud-africains, eux, qui représentent 8 % des arrivées, ont purement et simplement disparu de la carte depuis la fermeture de leurs frontières. Mais depuis cette vague de fermetures des frontières, qu’on considère aujourd’hui comme arbitraire et irrationnelle vu l’apparente faiblesse du variant Omicron, les voix, dont celles du secrétaire général de l’ONU et du directeur général de l'OMS, s’élèvent un peu partout dans le monde pour que l’on revienne simplement à des contrôles stricts et qu’on abolisse ces fermetures de frontières dont les différents variants se jouent allègrement. British Airways et Air Austral doivent d’ailleurs reprendre leurs vols vers l’ au début de la semaine prochaine.

D’intenses tractations diplomatiques ont actuellement lieu entre les autorités mauriciennes et l’industrie touristique, d’une part, et le français, d’autre part, pour que le gouvernement français revoie sa position. Certaines mauvaises langues affirment qu’il y a aussi un volet politique à l’affaire, le Premier ministre mauricien ayant fait au Parlement, cette semaine, des déclarations peu diplomatiques sur les droits de la France sur l’île Tromelin que se disputent Paris et Port-Louis.

Ce lundi aura lieu, à Paris, une réunion du Conseil de sanitaire sous la présidence d’Emmanuel Macron au cours de laquelle ces mesures pourraient apparemment être reconsidérées.

Mais il se chuchote en coulisses que, même si les mesures de fermeture des frontières à l’égard de Maurice étaient assouplies, celles-ci ne pourraient être annoncées avant dix jours, histoire de ne pas perdre la face dans ce monde fou, fou, fou…

5 décembre 2021

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