Féminisme : l’amnésie historique

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La dernière opération des , la nuit de Noël sur la place Saint-Pierre, ainsi que les déclarations de leur leader Inna Shevchenko et de nombreuses autres féministes, montrent que ces dernières ne cessent de pointer les religions, et en tout premier lieu l’Église catholique, comme une entrave dans la vie des femmes. Pour faire court, l’Église serait l’ennemi de la femme ! Un argument qui revient souvent dans leur bouche : Nous ne sommes “plus au Moyen Âge, [l’Église] doit s’occuper de ses affaires et non de celles des femmes”.

D’abord, disons que, justement, c’est bien ce que fait l’Église : s’occuper de ses affaires. Car « l’affaire » de l’Église, c’est l’homme, au sens anthropologique du terme – hommes et femmes ou, pour faire plaisir aux féministes, femmes et hommes ! Ensuite, que savent ces féministes du Moyen Âge ? Ont-elles lu, par exemple, les livres de Régine Pernoud, notamment ceux qu’elle consacra à la femme au Moyen Âge. J’ai comme un doute…

Avec l’avènement du christianisme, l’Église a rompu avec les antiques institutions, offrant de fait une place de choix à la femme. Bien évidemment, il faut évoquer en premier lieu la place centrale, prépondérante que tient la Sainte Vierge dans son rôle de Mère de Dieu. Un rôle que l’Église n’a eu de cesse d’exalter. La maternité, loin d’être « chosifiée », reléguée à un simple rôle de perpétuation de la lignée, est au contraire divinisée, pourrait-on dire.

Mais l’Église n’en est pas restée à louer une seule femme pour toutes. La réflexion des Pères de l’Église a conduit, au IVe siècle, à développer la notion de personne, offrant un caractère sacré à chaque individu ainsi que le sens de sa dignité. Femme y comprise. Et c’est tout d’abord par ce qu’il y a de plus fondamental en la femme qu’elle a été protégée : la transmission de la vie, c’est elle qui en tient les clés décisives.

Il est vrai que dans une société médiévale où l’Église façonnait les valeurs chevaleresques, la femme était tout à la fois personne à protéger – « Défendre la veuve et l’orphelin ! » – et sujet de sublimation, notamment à travers l’amour courtois. Mais en même temps, la femme était, comme le résume si bien Vincent de Beauvais, un dominicain du XIIe siècle, “nec domina, nec ancilla, sed socia” : ni maîtresse, ni servante, mais associée, partenaire. En un mot : l’égale.

Par ailleurs, si les femmes au Moyen Âge n’avaient été que les victimes choisies pour subir violences et autres animosités de la part de l’Église, comment ne pas s’étonner, alors, de voir naître tant de visages féminins qui ont marqué notre histoire occidentale ? Ce sont évidemment les nombreuses saintes fêtées par l’Église. Sainte Clotilde convertissant Clovis, sainte Geneviève appelant les Parisiens à résister face aux Huns, Hildegarde de Bingen, religieuse du XIIe siècle, femme de lettres, docteur de l’Église, Catherine de Sienne n’hésitant pas à intervenir dans le débat lors du schisme d’Occident. Et puis ces femmes de tête et de pouvoir : Aliénor d’Aquitaine, Blanche de Castille. Et toutes ces « dames », ces abbesses, gérant, administrant de vastes fiefs qu’elles tenaient d’ailleurs souvent en propre. Ce ne sont pas des figures mythologiques, mais des femmes bien réelles, ayant exercé un pouvoir politique, religieux, parfois militaire. Comment ont-elles eu ce rôle ? Sans nul doute parce que les mœurs, éprises de sentiments chrétiens, le permettaient. Connaît-on, d’ailleurs, par exemple, dans les sociétés musulmanes de l’époque médiévale de telles équivalences ?

Au fond, ces « braves » Femen, en portant la violence au cœur de la crèche, nient la dignité de la femme, dignité que l’Église a toujours reconnue. Comme l’a très bien exprimé Gabrielle Cluzel dans Adieu Simone, elles n’agissent pas “pour libérer la femme mais pour la nier”.

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