À partir d'avril 2018, Agnès Buzyn entend revoir à la baisse la PAJE (prestation d'accueil du jeune enfant), ainsi que les plafonds de ressources y ouvrant droit, espérant ainsi faire une économie de 500 millions en trois ans. Pour Dominique Marcilhacy, le gouvernement fait exactement la même politique que celle poursuivie depuis trente ans par les gouvernements de droite et de gauche : des économies faciles sur le dos des familles...

La seule solution, pour sauver la politique familiale, serait de regarder la réalité en face : lorsque les familles font des enfants, elles préparent les retraites. Il faudrait donc les remercier, proportionnellement au nombre de leurs enfants et à la qualité de l'éducation qu'elles leur donnent.

Dominique Marcilhacy, le gouvernement veut aligner l'allocation versée aux parents de jeunes enfants sur les montants du complément familial à partir du 1er avril 2018. Pouvez-vous nous dire ce que cette mesure va changer pour les parents ?

Cela va diminuer les ressources des familles et surtout celles qui ont de jeunes enfants à un moment où les enfants coûtent très cher.
Mais, sur le fond, cela ne change absolument rien. C'est exactement la même politique que celle qui est menée par tous les gouvernements de droite et de gauche depuis à peu près quarante ans.
Le seul endroit où il est facile de faire des économies, c'est la politique familiale.
Diminuer les retraites n'est pas évident lorsqu'il y a de plus en plus de retraités.
Diminuer l'assurance maladie n'est pas évident, non plus, car les personnes âgées sont en nombre croissant et coûtent cher.
La seule chose que l'on peut faire, et que font tous les gouvernements, c'est de diminuer les allocations familiales.

Le ministre de la Santé Agnès Buzyn a parlé d'une économie de 500 millions d'euros en trois ans. Est-ce une économie significative par rapport au montant des allocations de manière générale ?

C'est une économie qui s'ajoute à toutes les autres économies.
Depuis à peu près trente ans, on a fait trente milliards d'économies sur le dos des familles. Donc 500 millions de plus, c'est tout de même pas mal. C'est la moitié d'un milliard et c'est tout à fait agréable du point de vue du gouvernement, mais pas forcément du point de vue des familles.

Les familles payent-elles pour le vieillissement de la population, ou y a-t-il d'autres facteurs en jeu ?

Plusieurs facteurs jouent.
Le premier est qu'il est très difficile de faire des économies sur les retraites puisqu'il y a de plus en plus de retraités. C'est le papy-boum.
Les économies sont aussi très difficiles à faire dans le domaine de la santé puisque les personnes âgées se soignent de plus en plus.
Les seules dépenses qui sont faciles à faire sont sur les familles. Nous savons combien les familles touchent d'allocations.
Par ailleurs, les familles ne sont pratiquement pas représentées, elles n'ont pas de syndicats.
Seule une association, l'UNAF, les représente, mais elle est complètement molle du genou.
Il n'y a donc aucun risque que les familles se révoltent.
C'est la raison pour laquelle, depuis des années, les économies sont faites sur les familles.

Existe-t-il une solution pour défendre les familles ou sont-elles condamnées à se taire ?

La seule solution qui permettrait de sauver la politique familiale serait d'accepter de regarder la réalité. En faisant des enfants, les familles préparent les retraites.
Il faudrait, par conséquent, leur donner des droits à la retraite proportionnels au nombre de leurs enfants et à la qualité de l'éducation qu'ils donnent à leurs enfants.
Si on arrivait à comprendre à quoi servent économiquement les familles et à les en remercier en termes sonnants et trébuchants, tout le monde trouverait un intérêt à ce qu'il y ait de plus en plus de familles et d'enfants bien élevés.
Il faudrait, pour cela, remettre en cause un dogme monstrueux qui est de faire croire qu'on a droit à une retraite parce qu'on a travaillé.
Ce n'est pas vrai. On n'a pas le droit d'avoir une retraite parce qu'on a travaillé.
En réalité, on a droit à une retraite parce que des gens mettent au monde des enfants et qu'ils les éduquent.

28 septembre 2017

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