Il faut aller voir l’exposition “Chrétiens d’Orient, 2.000 ans d’histoire” qui se tient à l’Institut du monde arabe à jusqu’au 14 janvier. Y aller comme simple esthète est assez gratifiant pour justifier du déplacement. Comme chrétien, nous pouvons constater que leurs manuscrits, leurs fresques, leurs icônes, leurs calices et encensoirs et autres objets montrent bien ce que nous partageons ensemble, une foi basée sur quatre Bonnes Nouvelles que nous appelons les Évangiles.

Comme dans toute bonne exposition qui se respecte, il y a la cohue, et il faut faire avec. Il y a aussi les explications trop loin des œuvres et des objets et pas assez lisibles. Il y a une fin d’exposition « moderne » qui – de mon point de vue – ne présente pas beaucoup ou autant d’intérêt. Mais il y a des objets superbes et rares, qui sont en outre très bien mis en valeur. Ces mosaïques, fresques, icônes, parchemins ou papyrus, stèles, vêtements, objets de culte ou non, etc., unissent dans une même émotion l’esthète et le chrétien. Mais ces objets s’admirent, ils ne se racontent pas !

Bien sûr, il y a des biais sans doute obligatoires, compte tenu de la nature du lieu. Des libations sont versées au « politiquement correct » et à la « bien-pensance » tant honnie. Par exemple, ne présenter qu’un document peu explicite sur le génocide assyro-chaldéen et n’évoquer qu’en commentaire de présentation celui des Arméniens. Ou bien présenter un synoptique historique du XXe siècle à la complétude discutable et où une ligne intitulée “Palestine” regroupe ce qui est aussi devenu Israël : cela peut troubler. Ou, enfin, n’évoquer qu’en passant rapidement l’exode massif des chrétiens ce dernier siècle. Brisons là, l’Institut du monde arabe, comme son nom l’indique, se doit sans doute d’être arabophile et, par conséquent, compatible avec l’islam.

Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient sont plus que jamais une variable d’ajustement, un pion qui n’est pas si important que cela pour certains des joueurs autour de l’échiquier géopolitique international. La France, protectrice des chrétiens d’Orient depuis cette alliance (contre-nature ?) avec l’Empire ottoman, a failli à sa mission. Est-elle seulement réticente ou juste incapable d’assumer ce rôle ? Sans doute faut-il répondre les deux. Faudrait-il s’y résoudre ? Non, bien sûr.

Aller voir cette exposition ne changera pas le sort des chrétiens d’Orient, mais peut vous donner envie d’agir, par exemple en vous montrant généreux avec ceux qui œuvrent sur place et ont besoin de moyens. Les associations caritatives sont légion, comme les démons de Gérasa. Il ne m’appartient pas de faire entre elles un tri que je réprouve s’il n’est pas basé sur des faits avérés : les ouvriers seront toujours trop peu nombreux pour cette moisson… Mais il serait ingrat de ma part de ne pas citer la fondation Notre-Dame, partenaire de l’exposition et grâce à qui j’ai pu faire cette visite.

NDLR : On peut acquérir le catalogue de l’exposition – parfait cadeau de Noël – en cliquant ICI. Il existe aussi une version “jeunes” plus simple.

8 décembre 2017

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