Ce type d’invective – récemment employé par Emmanuel contre les populistes de –, nous le pensions réservé à l’ des années 1930. Voilà encore un symptôme de la débâcle rhétorique de la droite institutionnelle, acculée à la défensive alors même que l’actualité l’invite à prendre l’initiative du verbe.

Cela n’est pas sans rappeler la situation de l’après 13 novembre 2015, quand des affiches gouvernementales ont été placardées dans les rues avec, pour titre, “Le racisme tue”. De même, après les attentats de Charlie Hebdo, des clips gouvernementaux avaient été diffusés, présentant les Blancs comme les seuls agresseurs et les Arabes, les Noirs et les juifs comme les éternelles victimes.

Les « progressistes » se montrent toujours les plus habiles, parvenant à insuffler une nouvelle vie à leur idéologie moribonde, même dans les pires conditions – comme l’actuelle migratoire. Avec, toujours, la même stratégie : le bon vieil antiracisme. Les attentats ne seraient pas la conséquence de la migratoire, du multiculturalisme et de la religion de la tolérance, mais d’un manque d’ouverture, de préjugés et de comportements racistes des Européens – bref, du populisme de droite.

Alors qu’il espérait pouvoir inverser les rôles et ouvrir le procès de la morale, l’homme de droite demeure sur le banc des accusés. C’est que son complexe est plus profond que tout ce qui a pu être diagnostiqué jusque-là : il s’enracine dans les profondeurs de notre culture chrétienne. Même après les vagues d’attentats islamistes et leur cortège de morts, son manque d’aplomb et sa mauvaise conscience l’inhibent toujours autant lorsqu’il s’agit de proclamer – avec la même vigueur que celle d’un gauchiste exigeant l’ouverture des frontières – que l’ africaine et musulmane doit être endiguée – et inversée.

Comment convaincre le Français bien-pensant du bien-fondé de ses idées quand on n’est soi-même qu’à moitié convaincu de la justesse de sa cause et qu’on doute de sa propre moralité ? Décomplexée, la droite le sera lorsqu’elle osera enfin criminaliser l’immigrationnisme de ses adversaires. En attendant, elle peut toujours continuer de jouer la carte de l’Indignez-vous

24 juin 2018

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