Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - Religion - Société - Table - 14 septembre 2017

“Être juif en banlieue, c’est la double peine !”

Une famille juive a été séquestrée à son domicile de Livry-Gargan (93). “Vous êtes juifs, donc vous avez de l’argent…”, ont proféré ses agresseurs en redoublant d’acharnement.

Pour Maître Georges-William Goldnadel, c’est un mauvais remake de l’affaire Fofana, qui s’est heureusement terminé infiniment moins tragiquement.

Maitre Goldanel, une famille juive a été séquestrée à son domicile à Livry-Gargan en Seine Saint Denis. Leurs agresseurs a notamment utilisé des poncifs comme ” vous êtes juifs donc vous avez de l’argent”. Les vieux clichés antisémites ont la vie dure a priori

Ils ne sont jamais morts. Ils ont peut-être changé de véhicule, mais ils ne sont pas morts du tout. La triste mésaventure qui est arrivée à mon ami Roger Pinto, qui est un ami de longue date, qui est assez âgé et malade, est une aventure tristement banale en banlieue parisienne.
Etre juif en banlieue, c’est la double peine.

Les juifs n’ont pas le monopole de la souffrance en banlieue. Elle est équitablement partagée par des milliers de Français en banlieue. L’insécurité vise tout le monde en banlieue. Mais il se trouve que les juifs, de surcroît, sont accablés davantage encore dans ce triste concours. On l’a vu avec ce stéréotype antisémite. Je ne suis pas du tout sûr que ces types soient rentrés en sachant qu’il était juif. Mais une chose est sûre, ils ont redoublé d’agressivité, d’acharnement et de violence lorsqu’ils l’ont découvert pour pouvoir trouver quelque chose.
C’est d’une certaine manière un mauvais remake de l’affaire Fofana avec Ilan Halimi, sauf que Dieu merci, ça s’est terminé infiniment moins tragiquement.

Sans doute, ce sont les effets de l’affaire dont je m’occupe s’agissant de Sarah Alimi. A force d’avoir critiqué la cécité intellectuelle et politique des responsables politiques et médiatiques, le ministre a bien vouloir accepter que c’était en lien avec la religion, mais il n’y a rien à faire. Le mot antisémitisme leur écorche la bouche dès que l’on comprend que les acteurs de celui-ci ne sont pas les acteurs idéaux, lorsque ce ne sont pas des blonds aux yeux bleus avec le crâne rasé.

Dans cette perspective-là, nommer l’antisémitisme reste interdit chez les responsables politiques et médiatiques. C’est idéologique. Je le constate.

Est ce que la victime a témoigné de la montée de la violence ? Est-ce que cela lui est coutumier ou est-ce la première fois que cela lui arrive ?

Il ne me semble pas que Roger Pinto ait été antérieurement visé. Mais les témoignages pullulent. C’est incroyable de devoir encore le préciser.

Je me suis occupé de nombreuses agressions ou d’insultes de tout ordre de jeunes juifs qui portaient la kippa en banlieue, près des centres communautaires ou des synagogues. Lorsque vous regardez les chiffres, vous constatez une minorité certes, mais une minorité qui est loin d’être négligeables, de jeunes musulmans qui se radicalisent et qui sont antisémites. Même s’il s’agit d’une minorité, il s’agit d’une minorité plus importante lorsque vous la confrontez avec les autres communautés de ce pays.

J’affirme qu’il existe dans ce pays une minorité non négligeable de jeunes musulmans qui développent un certain antisémitisme.

À lire aussi

Me Goldnadel : « Benjamin Griveaux, une incroyable légèreté et une incommensurable bêtise, sans porter de jugement moral »

Imprimer ou envoyer par courriel cet articleMe Goldnadel, l’auteur de Névroses média…