Editoriaux - International - 11 septembre 2019

Et si la Russie devenait notre future meilleure alliée ?

Après l’accueil, en mai 2017, sous les ors de Versailles, puis cet été, dans l’intimité estivale de Brégançon, Vladimir Poutine fait l’objet de nouvelles attentions de la part du Président Macron. Ainsi, deux ministres régaliens, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly, viennent de se rendre à Moscou.

On comprend que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères soit, ès qualités, l’homme des contacts diplomatiques. En revanche, la présence du ministre des Armées marque le déplacement et la rencontre d’un signet tout particulier…

Sont-ils allés proposer de nouveaux bateaux de guerre pour effacer l’humiliation faite par Hollande, en août 2015, mettant son veto à la livraison des deux bâtiments Mistral – revendus à vil prix, comme des secondes mains, à l’Égypte ? Non, l’objet de ce déplacement n’avait rien de mercantile et indique, selon les déclarations françaises, un « rapprochement » avec la Russie. Au titre de l’Europe, ou bilatéral ? Seconde option, semble-t-il, pour l’instant…

Une phrase explicite et hautement symbolique fut prononcée par Le Drian pour résumer le motif de cette visite : « Réduire la défiance » ! Fichtre, on ne sait de quelle côté il la place, mais cela est lourd de sens et augure de débats prolongés, sinon courtois. Avait-il en tête une citation du cardinal de Retz : « Les gens les plus défiants sont souvent les plus dupes », pour suggérer lequel des deux partenaires a le plus d’intérêt à ce rapprochement ?

Une autre déclaration éclaire cependant l’objectif de cette initiative : « Nous sommes venus proposer, au nom du président de la République, un nouvel agenda de confiance et de sécurité. » C’est donc bien la France qui vient solliciter une nouvelle relation ouverte et sincère en oubliant les griefs fomentés contre l’ex-ennemi de l’Est.

Cette amicale disposition ne préjuge néanmoins pas, pour l’instant, de l’arrêt des sanctions prises en 2014 contre la Russie, car ce sont les Occidentaux ensemble qui les ont décidées. Pas davantage n’est, à ce stade, posée sur la table la question de l’OTAN. Mais, à l’évidence, c’est la menace que Poutine voudrait voir dissoute et qui a probablement été exprimée ou le sera ultérieurement, en prémices à de nouvelles discussions.

La diplomatie française qui vire de l’Ouest à l’Est, voilà en tout cas une nouvelle approche pragmatique des défis à affronter pour l’équilibre et la paix dans le monde. Se souvient-on, enfin, quel pays « ami » a mis le feu aux poudres au Moyen-Orient – sur un mensonge d’État – et s’engage à nouveau dans cette dangereuse voie avec la dénonciation d’un accord avec l’Iran…

Qu’en penserait le Général, invoquant jadis une Europe « de l’Atlantique à l’Oural » ?

Et, surtout, qu’en pense Trump présentement ?

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