Le traitement économique de la crise du coronavirus constituera un basculement de la mentalité des Français de la même ampleur que la mise en place des 35 heures, en 2000.

Avant les 35 heures, la contrepartie du travail par un salaire était perçue, dans des limites bien sûr, comme forfaitaire. Avec les 35 heures et la panoplie de RTT, repos compensateurs, heures complémentaires et supplémentaires majorées, plafond d’heures et de jours… l’idée que toute heure, et même toute minute de travail supplémentaire, exige un paiement s’est imposée dans l’esprit de quasiment tous les salariés, y compris les cadres. Le centre de gravité s’est déplacé du travail effectué à sa durée et sa compensation.

Avec les déclarations du gouvernement promettant le remboursement intégral du chômage partiel, le report de charges fiscales et sociales, la création d’un fonds de solidarité, la garantie des prêts bancaires, la suspension du paiement des loyers et factures d’électricité et de gaz pour les TPE et les micro-entrepreneurs : comment les Français ne pourraient-ils pas, désormais, être persuadés que l’État a, s’il le veut, les moyens de prendre en charge tous les salaires, trouver l’argent pour tout investissement dans les services publics, renflouer toutes les entreprises en difficulté ?

On reprochait déjà aux Français d’avoir une mentalité d’assistés. En quelques jours, l’idée que chacun peut se retourner vers l’État pour compenser sa perte de revenus s’est introduite et répandue, y compris auprès des entrepreneurs et libéraux.

La France mettra vingt ans à s’en remettre !

19 mars 2020