Editoriaux - Polémiques - Politique - 29 août 2018

« Enfumer » : le livre qu’aurait pu écrire Anne Hidalgo

Le Figaro nous apprend qu’au terme d’un été studieux, Anne Hidalgo a commis un opuscule bravache pour vanter sa politique anti-voitures dont le titre est Respirer. Il sortira bientôt en librairie, accompagné de séances de dédicace.

Un « nègre » quelconque aura dû s’y coller et nous le plaignons sincèrement, tant la tâche est difficile.

Car la bannière de la lutte contre l’automobile n’est brandie par Hidalgo que pour dissimuler les échecs de sa politique de circulation. Par une pirouette classique en politique, elle tente en effet de faire croire que la congestion dont elle est l’auteur est voulue, assumée. Elle convoque, pour cela, quelques chiffres, toujours les mêmes, pour démontrer que la circulation recule et elle se plaint d’être la victime d’une conspiration de lobbyiste. Bientôt, elle se vantera d’avoir su résister là où Hulot a dû céder puis démissionner.

En fait de respiration, il s’agit naturellement d’un enfumage total.

La réduction de la circulation à Paris n’est due qu’à deux facteurs. D’une part, le transfert modulaire massif vers le scooter, les automobilistes qui le peuvent passant aux deux-roues motorisés. D’autre part, le comptage du trafic se fait en dénombrant le nombre de véhicules passant en un certain temps à un certain endroit, ce qui a pour effet paradoxal que les embouteillages réduisent artificiellement le trafic comptabilisé.

De même, sa politique de hausse vertigineuse des droits et amendes de stationnement est présentée par Hidalgo comme visant à réduire le trafic alors qu’il ne s’agit que de renflouer à la va-vite des caisses vidées par son incapacité à gérer correctement Paris.

Quant au fumeux impératif de santé publique, il est précisément mis à mal par l’engorgement artificiel qu’elle a provoqué.

Tous les éléments qui démontrent le mal-fondé de ces opérations de mystification sont consultables sur le site d’Aimer Paris, l’association que j’ai l’honneur de présider et qui entend bien dégager Hidalgo de la mairie en 2020 en évitant qu’une copie macronienne ne lui succède.

La réalité est simple. Pour tenter de mobiliser ses faibles troupes, réveiller les bobos tentés par La République en marche et, surtout, trouver un bouc émissaire à ses échecs répétés, Hidalgo désigne un diable : l’automobiliste, auteur de tous les maux de Paris. Elle le fait confortablement assise dans sa voiture de fonction, ainsi que l’a plaisamment démontré le site Caradisiac dans un reportage éloquent sur la réalité de sa pratique du pouvoir municipal.

Elle tente aussi d’escamoter l’échec retentissant d’Autolib’ et de Vélib’2, qui vont coûter des centaines de millions d’euros aux contribuables parisiens. Et d’éviter que le fiasco de la politique municipale de propreté ou l’appel d’air aux clandestins ne soient sujets de débat lors des futures élections de 2020.

Bref, la politique anti-voiture n’est qu’un dérivatif, un enfumage.

Pendant ce temps, les vraies solutions aux problèmes de transport – investir massivement dans le réseau du métro profondément dégradé ou créer de nouveaux tunnels et parkings de délestage qui permettraient de fluidifier la circulation tout en offrant à ceux qui ont besoin de se déplacer en transport individuel la possibilité de le faire – sont négligées par Hidalgo.

Mensonge et communication sont bel et bien les deux faces de la fausse pièce qu’elle va tenter de fourguer une dernière fois aux Parisiens en 2020. Elle n’y parviendra pas.

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