Editoriaux - 3 avril 2019

En avril, reprise des expulsions : salauds de proprios !

Le poisson d’avril n’est pas le seul marronnier auquel les médias nous convient rituellement le premier jour du quatrième mois. Il y a, aussi, la reprise des expulsions locatives, occasion de tendre les micros aux “assoces” humanitaires, avec des reportages plus lacrymogènes qu’une manif des gilets jaunes.

Bien sûr, il est normal de compatir aux difficultés des vrais accidentés de la vie, et que la société n’envoie pas manu militari ces gens de bonne foi coucher sous les ponts.

Mais à côté de ceux-là, combien usent, avec un cynisme total, de toutes les ficelles d’un système apparemment conçu pour protéger leurs turpitudes !

Tandis que le petit retraité, qui comptait sur le revenu d’un bien acquis sou par sou pour payer son EHPAD ou mettre du beurre sur ses nouilles, s’entend répondre par le préfet que le changement d’établissement scolaire perturberait trop gravement les enfants de l’aigrefin en cas d’expulsion…

Pour les bonnes âmes humanitaires, un propriétaire, c’est un riche, forcément un riche, et puisqu’il y tant de pauvres, le respect des droits de propriété de celui-là est contingent. Un peu comme celui des commerçants des Champs-Élysées, un samedi d’émeute : y voler n’est pas vraiment peccamineux.

La reprise des expulsions, c’est l’occasion de passionnants débats entre gens qui sont d’accord, à commencer par la généralisation de l’encadrement des loyers. Quand on lui tord un peu le bras, ce camp du bien admet toutefois que le propriétaire devrait toucher son loyer (s’il est « juste », bien sûr…), mais seulement pour être mis à la charge – vous l’aurez deviné – du contribuable.

La patronne d’ATD Quart monde propose encore plus ébouriffant : fixer les loyers en fonction des revenus des locataires. Et pourquoi pas le prix des carburants ou de la confiture de fraise ?

En France, la protection des occupants sans titres va jusqu’à protéger les authentiques délinquants que sont les squatteurs, au point qu’un site leur explique obligeamment comment faire.

Depuis la guerre et la loi de 1948, nous empilons les textes censés faciliter l’accès au logement, démagogiquement axés sur la protection des locataires, et aux effets quasi systématiquement contre-productifs. Personne n’est content. Ni les candidats à la location, sommés (quand ils trouvent) de présenter la garantie d’une demi-douzaine d’aïeux ; ni les propriétaires, qui préfèrent garder leurs biens vides de peur de ne le récupérer qu’après des années de procédure. Tandis que les communes s’arrachent les cheveux pour atteindre le taux délirant de 25 % de logements sociaux.

En Belgique, il est de 7 %, et il suffit de deux mois impayés pour obtenir un jugement exécutoire dans le mois qui suit son prononcé. Et, le croyez-vous, il n’y là-bas aucune crise du logement…

Mais, c’est connu, nous sommes beaucoup plus intelligents que les Belges !

Editoriaux - 4 avril 2018

En avril, reprise des expulsions : salauds de proprios !

Le poisson d’avril n’est pas le seul marronnier auquel les médias nous convient rituellement le premier jour du quatrième mois. Il y a, aussi, la reprise des expulsions locatives, occasion de tendre les micros aux “assoces” humanitaires, avec des reportages plus lacrymogènes qu’une manif des gilets jaunes.

Bien sûr, il est normal de compatir aux difficultés des vrais accidentés de la vie, et que la société n’envoie pas manu militari ces gens de bonne foi coucher sous les ponts.

Mais à côté de ceux-là, combien usent, avec un cynisme total, de toutes les ficelles d’un système apparemment conçu pour protéger leurs turpitudes !

Tandis que le petit retraité, qui comptait sur le revenu d’un bien acquis sou par sou pour payer son EHPAD ou mettre du beurre sur ses nouilles, s’entend répondre par le préfet que le changement d’établissement scolaire perturberait trop gravement les enfants de l’aigrefin en cas d’expulsion…

Pour les bonnes âmes humanitaires, un propriétaire, c’est un riche, forcément un riche, et puisqu’il y tant de pauvres, le respect des droits de propriété de celui-là est contingent. Un peu comme celui des commerçants des Champs-Élysées, un samedi d’émeute : y voler n’est pas vraiment peccamineux.

La reprise des expulsions, c’est l’occasion de passionnants débats entre gens qui sont d’accord, à commencer par la généralisation de l’encadrement des loyers. Quand on lui tord un peu le bras, ce camp du bien admet toutefois que le propriétaire devrait toucher son loyer (s’il est « juste », bien sûr…), mais seulement pour être mis à la charge – vous l’aurez deviné – du contribuable.

La patronne d’ATD Quart monde propose encore plus ébouriffant : fixer les loyers en fonction des revenus des locataires. Et pourquoi pas le prix des carburants ou de la confiture de fraise ?

En France, la protection des occupants sans titres va jusqu’à protéger les authentiques délinquants que sont les squatteurs, au point qu’un site leur explique obligeamment comment faire.

Depuis la guerre et la loi de 1948, nous empilons les textes censés faciliter l’accès au logement, démagogiquement axés sur la protection des locataires, et aux effets quasi systématiquement contre-productifs. Personne n’est content. Ni les candidats à la location, sommés (quand ils trouvent) de présenter la garantie d’une demi-douzaine d’aïeux ; ni les propriétaires, qui préfèrent garder leurs biens vides de peur de ne le récupérer qu’après des années de procédure. Tandis que les communes s’arrachent les cheveux pour atteindre le taux délirant de 25 % de logements sociaux.

En Belgique, il est de 7 %, et il suffit de deux mois impayés pour obtenir un jugement exécutoire dans le mois qui suit son prononcé. Et, le croyez-vous, il n’y là-bas aucune crise du logement…

Mais, c’est connu, nous sommes beaucoup plus intelligents que les Belges !

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