Interviewée par Djamel Mazi sur franceinfo, Najat Vallaud-Belkacem, jamais avare de délivrer ses fines analyses, a fait part de son exceptionnelle empathie.

À quoi pense-t-elle, l’éphémère directrice générale « Études internationales et innovation sociale » chez Ipsos devenue directrice d’ONG et récemment nommée professeur affilié à l’ Mohammed-VI Polytechnique de Marrakech ? À la prochaine présidentielle française, pardi ! Et, l’air inspiré un tantinet autosatisfait, elle dit avoir trouvé « le vrai sujet » à incarner, à savoir « Est-ce-que nous sommes encore capables de vivre ensemble ? »

On imagine la réponse que lui ferait un polémiste qu’elle ne semble pas porter pas dans son cœur, ce diabolique Éric Zemmour qui n’en finit pas d’exploser ses audiences. Des décennies d’immigration massive, légale, illégale, des années d’accueil de vrais ou faux réfugiés, des années où l’inclusion a remplacé l’assimilation avec les résultats que l’on connaît, mais l’ex-ministre de l’Éducation nationale de continuer de voir la réalité sous le prisme des années 80 ! Sans, donc, jamais s’interroger le moins du monde sur le pourquoi de cette quasi-partition, pourtant évoquée par son ancien patron…

Et la même qui qualifiait d’« imaginaires les revendications » de , qui affirmait ne pas ouvrir la porte à « l’indifférenciation des sexes » ou à la GPA, la même, donc, sous un gouvernement resté sourd aux arguments de la susnommée – et pas empathique pour deux sous – , déplore qu’« on ne s’entend plus les uns les autres », qu’« on ne prend plus la peine de s’écouter, de se parler, d’échanger, de potentiellement s’amender un petit peu de sa réflexion » ! On tend l’oreille, on se dit que l’ex-ministre PS a changé, qu’elle est désormais capable d’entendre aussi la souffrance de la France périphérique, des marches blanches, des victimes d’un anti-blanc, antifrançais. Ben non, l’empathie de Najat, c’était pour… Assa Traoré !

Pour elle, « on pourrait tous, tous ceux qui s’expriment sur le sujet, commencer par dire, c’est une tragédie ignoble que vit Assa Traoré et sa famille (sic), cela doit être une souffrance indicible, depuis quatre ans, que d’avoir perdu son frère » !

Mais les familles de Thomas, de Philippe, de Mélanie, de Mauranne et Laura, d’Adrien, de Jean-Baptiste et Jessica, de Patrick, d’Élise et Julien, de tant et tant d’autres, des fils, des filles, des sœurs, des frères, aussi, elles vivent quoi, toutes ces familles meurtries ? Leur souffrance serait-elle moins ignoble, moins indicible, selon la grille de lecture de la Franco-Marocaine, que celle d’Assa Traoré, débordante de vitalité ? Une empathie à géométrie variable, en quelque sorte…

Et la télé, pour Najat Vallaud-Belkacem ? Un cauchemar ! Pourquoi ? Parce qu’elle y voit « des observateurs, des polémistes qui lui contestent [à Assa Traoré] le droit à la souffrance […] ». Brrr, le spectre de Zemmour rôde encore…

10 juillet 2020

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