Ainsi s’exprime la banlieue. Un franc-parler que le chef de l’État va certainement apprécier. Le président de la République a été ému par Les Misérables, de . C’est une tradition sous la Ve République : avant lui, Jacques Chirac avait versé une larme en regardant Les Indigènes, qui ne sont pas sans rapport avec Les Misérables. Grâce à Ladj Ly, Macron a découvert la misère de nos banlieues. Elle est immense.

Je n’ai pas vu le film. Il est sans doute beau, car même Atlantico en dit du bien. Pour ma part, et assez bêtement, j’en suis resté aux Misérables de Victor Hugo. Pour autant, je me dois de suivre Macron dans son émotion qui est sans doute sincère.

Donc, je n’ai pas vu le film, mais j’ai lu, sur Le blog du cinéma, les propos de Ladj Ly. Manifestement meurtri par la souffrance des banlieues et de ceux qui y habitent, il était un peu énervé. Comment ne pas le comprendre. Et voilà ce que ça donne.

S’agissant de , il dit : « J’ai presque envie de l’insulter, cette connasse. » Et, ne pouvant résister à cette envie, il précise : « Qu’elle aille se faire enculer ! » Concernant Zemmour, il est beaucoup plus sobre : « C’est un fils de pute. »

Vient ensuite une phrase plutôt banale sur les policiers qui « assassinent les jeunes de banlieue ». Tant d’assassinats, tant de victimes innocentes des flics racistes lui ont donné la haine.

Mais sa haine est quand même contrôlée. Car, dit-il, « j’ai fait un film rassembleur qui appelle à l’harmonie entre les Français ». Douce France… Doux Ladj Ly… Macron et lui vont à coup sûr s’entendre : le président de la République n’est-il pas le rassembleur de la nation ? Et entre rassembleurs, on se rassemble.

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