Editoriaux - Polémiques - 31 juillet 2019

Emmanuel Macron trône au milieu des hôtesses du Tour de France : à quand la dénonciation ?

La photo a été exhumée – les réseaux sociaux sont un inépuisable terrain de fouille archéologique – par l’avocat fiscaliste Virginie Pradel, enseignante et présidente de l’Institut de recherche fiscale et économique Vauban. Elle date du 19 juillet 2017 et a été postée sur le compte Twitter du Tour de France : on y voit Emmanuel Macron entouré d’une dizaine d’hôtesses du Tour de France ravissantes, et lui-même – dont on ne voit pas les bras, ils doivent enserrer la taille des deux donzelles les plus proches, on n’imagine pas qu’après s’être montré si tactile avec Donald Trump, il les ait gardées sagement croisées dans le dos à proximité de sylphides ô combien plus gracieuses -, si l’on en croit son sourire radieux, ne boude pas son plaisir.

La photo est sympathique, elle le met infiniment plus en valeur – car on doit reconnaître à notre Président de l’allure et la qualité d’être toujours élégant, c’est même ce qui a plu à son électorat retraité – que son aréopage de ministres mal rasés ou mal fagotés qui l’encadre habituellement. Ou, pire encore, que sa louche escorte immortalisée à Saint-Martin qui, elle, n’a suscité aucune pétition indignée : les jeunes femmes sont habillées, et même très joliment habillées. De plus, ô merveille, elles ne font pas le doigt d’honneur…

« Il faut absolument signaler ce tweet du Tour de France à Marlène Schiappa… », ironise Virginie Pradel (retweetée plus de 4.700 fois). Il faut dire que l’affaire des hôtesses du Tour de France l’avait passablement agacée, puisqu’elle rapporte avoir elle-même remis le trophée au vainqueur de la dernière étape du Tour de France, il y a une dizaine d’années, et en avoir gardé un excellent souvenir. Elle n’y a laissé ni son cerveau ni sa dignité, pas plus que les autres filles qui y participent chaque année : si l’on faisait un concours de pedigree universitaire avec les féministes qui les ont avec aigreur dénoncées, parions que lesdites hôtesses seraient encore cette fois sur le podium.

Combien de jeunes étudiantes ont fait ponctuellement ce métier pendant leurs études ? Combien d’entre elles ont alterné avec le baby-sitting – activité hautement dégradante et sexiste qui devrait faire, très bientôt, l’objet d’une autre pétition ? -, tandis que leurs virils comparses devaient se contenter des remplacements estivaux si épanouissants d’éboueur et de déménageur car leurs gros mollets étaient personae non gratae dans les escarpins à talon et sous les jupes cintrées fournies par les boîtes d’événementiels à ces demoiselles… et que les parents, de leur côté, préféraient les doux bras ronds des jeunes filles pour bercer leur bébé ? Qui d’eux ou elles ont été stigmatisés ?

Il faut le dire d’urgence au Président : c’est près de ces hôtesses et loin des bougresses qui les agressent et, hélas, ont son oreille qu’il est le plus séduisant.

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