Document - Editoriaux - Politique - Société - 4 mai 2018

Emmanuel Macron ce serait aussi… Spaggiari !

Dimanche dernier, vous avez surement préféré regarder, sur France 2, La Folie des grandeurs plutôt que Macron, le casse du siècle, diffusé par BFM TV. Les deux films se répondaient pourtant parfois. Tandis que Louis de Funès posait la question célèbre “Que vais-je devenir, je suis ministre, je ne sais rien faire ?”, Emmanuel Macron lui répondait, par chaîne interposée, “président de la République” !

Mais si vous avez zappé vers le documentaire, passé le plaisir de réécouter le “Monsignore, il est l’or”” du début du film, vous en avez surement tiré des leçons.

D’abord, être premier de classe ou de cordée, être celui d’où tout « ruisselle », être le prince, ça ne s’improvise pas. Comme l’écrivait de Gaulle, “la gloire ne vient qu’a ceux qui l’ont rêvée”. Or, le film nous apprend qu’Emmanuel Macron était, dès son arrivée à l’Élysée, appelé “le petit prince”. Ensuite, il y a une conquête méthodique, dont l’enquête nous livre quelques secrets : acheter ses costumes chez Jones et Cie, s’entourer de “tueurs prêts à mourir pour vous”, préférer les sushis à la blanquette, se fixer dans des soirées “crowdfunding” un objectif à 25.000 euros, et savoir rallier ses opposants : “Vous n’allez pas perdre votre temps à reconstruire la droite alors qu’il faut reconstruire la France ?”

Et puis, à la fin, tout casser, sans regrets. Y compris le QG. Ces images navrantes des bureaux de la rue de l’Abbé-Groult éventrés par les pelleteuses auraient pu être la fin du film .

Mais non. Si l’enquête s’appelle « Le Casse du siècle », c’est en écho à cette effraction des coffres-forts de la Société générale de 1976 à Nice. Son auteur, Albert Spaggiari, avait laissé un mot dans la salle des coffres : “Ni armes, ni violence et sans haine.” Ici, le réalisateur imagine qu’Emmanuel Macron a laissé, lui aussi, sur les murs du QG vide une inscription : “Ni parti, ni passé, et sans pitié.”

Spaggiari ! On est loin de Zorro, Robin des Bois ou Arsène Lupin, tout de même…

Fervent défenseur de notre empire colonial, militant OAS, puis photographe de la mairie de Nice, Spaggiari dira avoir, avec l’argent dérobé, financé une organisation secrète italienne la Catena, dont le but était d’agir contre le terrorisme de l’extrême gauche. Auparavant, il avait offert ses services à Pinochet dans le même but. Et sur son lit de mort, il a désiré être marié religieusement par un “vrai prêtre, qui porte soutane et parle latin”.

Ce choix, pour le moins osé, résulte-t-il de l’ignorance des « journalistes politiques » auteurs de l’enquête ? Ou bien – ce que pourrait laisser penser la sympathie affichée par deux fois dans le film entre Emmanuel Macron et Philippe de Villiers – y a-t-il là un clin d’œil appuyé à la droite traditionnelle, électrice, en 2022, d’une potentielle rivale, la jeune Marion ?

Nous le saurons “au prochain épisode”.

Car si les Français ont des goûts romanesques, comme l’a dit le Président dans une interview récente à la NRF, en plus, ils adorent les séries.

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