Émeutes de la Duchère à Lyon : de quoi ces événements sont-ils le signe ?

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Ces jours-ci, dans le quartier de la Duchère, des dealers tirent au fusil sur des policiers de la BAC qui sont en surveillance. Musique à fond, injures, menaces, roues arrière très dangereuses, notamment pour les enfants : les Lyonnais subissent crescendo cette ambiance délétère. Ils assistent impuissants à la prise de possession de l'espace sonore, géographique, historique, linguistique, religieux, civil, politique et sécuritaire. Et pas par des chefs, mais par de petites frappes du plus bas étage. À Lyon, cela s'est manifesté en quelques semaines. Dès que le nouveau maire, Grégory Doucet, un écologiste permissif, est arrivé, le rapport de force psychologique s'est immédiatement inversé.

Dans de nombreux quartiers et villes, le même phénomène se produit en ce moment. Ainsi se met en place la dernière pièce de la machinerie qui pourrait provoquer une guerre civile : l'hybris, le sentiment de la démesure, de la toute-puissance.

Nous sommes plusieurs à l'avoir provoqué :
- les Français de souche, ceux qui se sont réfugiés dans le pacifisme, avec fleurs, bougies, incantations « vous n'aurez pas ma haine », etc., au lieu d'exiger de l’État qu'il cesse les bonnes paroles et qu'il passe aux actes. Il a suffi qu'ils soient traités de nazis par les « belles âmes » pour critiquer la police et se coucher devant le pouvoir ;
- les musulmans modérés, qui trouvent tellement plus commode de traiter ceux qui critiquent l'islam de racistes plutôt que de faire le ménage dans leur propre communauté. S'il y a amalgame, ce sont eux, d'abord, qui l'ont laissé s'installer en ne chassant pas les « brebis galeuses » de leur camp. Ils ont été aussi lâches et coupables que les Français ;
- l’État, enfin, et les élites, qui s'accommodent de cette infâme division depuis quarante ans et repoussent les classes populaires et leurs représentants politiques dans la fachosphère pour protéger leur pouvoir et leurs avantages.

Lorsque les petites frappes disent « On s'en balek, de tes conneries » (on s'en bat les c...), ce ne sont pas des mal élevés qui s'expriment. Lorsque les dealers tirent sur la BAC, ce n'est pas, comme l'a dit la presse, pour « protéger leur trafic ». Dans les deux cas, ça veut dire « Dégage. Nous sommes les chefs ici. » Ce ne sont pas des « incivilités » ou des « délits », c'est une prise de pouvoir.

Nos responsables cyniques et pervers et tous ceux qui n'ont pas osé leur faire face n'ont cessé d'envoyer aux forces du désordre, les grandes et les petites, depuis des années, les signaux pacifistes qui les ont confortées dans leur attitude. Lorsque nous disons « Nous sommes horrifiés par cet affreux assassinat » ou bien « Vous n'aurez pas ma haine », lorsque Taubira dit « Il ne faut pas désespérer les quartiers », lorsqu'on dit aux préfets, à propos du Covid, « Contrôlez-les avec modération », lorsque les journaux reprennent « La police serait-elle raciste ? », ils entendent « Vous êtes lâches ». Notre pacifisme invétéré a fait grandir chez eux le sentiment de toute puissance, l'hybris. D'une force culturelle et politique vivace, conquérante et minoritaire, nous avons fait un adversaire, puis un ennemi. Ce qui se met en place aujourd'hui, c'est la dernière étape avant l'explosion.

Ce n'est pas l'islam ni l'islamisme qui nous tue, c'est la lâcheté, le pacifisme. Ce n'est pas dans dix ans ni dans cinq ans que le destin de la France se joue, c'est maintenant.

François Martin
François Martin
Consultant et conseiller municipal - Membre du fonds de recherche Amitié Politique

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